Pendant ce temps, les saisies se poursuivent

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Stopper les saisies : tel avait été, au plus fort de la crise, le mot d'ordre de l'administration Obama. Il fallait à tout prix déjouer le piège, celui des vagues de mises sur le marché de biens hypothéqués, qui tiraient les prix de l'immobilier vers le bas, sans compter le traumatisme national de voir des familles entières à la rue. La majorité des ménages pris dans les filets des saisies sont des victimes du surendettement, du chômage, ou des deux. Lancé en mars 2009 et assorti de 50 milliards de dollars, un programme fédéral devait les aider. Las ! le dispositif a échoué. Selon le bilan dressé à la fin juillet de cette année, 15 mois après le lancement du fonds, seuls 390.000 propriétaires ont vu les termes de leur prêt hypotécaire amendés. Une goutte d'eau dans la mer, puisque ce sont 3 à 4 millions d'emprunteurs en difficulté que le système était censé secourir. Si les propriétaires en danger peuvent bénéficier d'une contraction de leurs remboursements, pour que ceux-ci ne représentent plus que 31 % de leurs revenus mensuels disponibles, ou d'un allongement de leur prêt, lissé sur 40 ans, ou encore d'une réduction des taux d'intérêt (jusqu'à 2 %, alors que ceux des subprimes étaient plutôt de l'ordre de 8 %) s'ils s'engagent à rembourser sur cinq ans, encore faut-il respecter certains critères pour bénéficier de ces avantages. Or il se révèle plus compliqué que prévu de prouver qu'on a des difficultés économiques, qu'on risque le surendettement ou qu'on habite de façon permanente dans le bien menacé de saisie. Le résultat, c'est que, dans un contexte de marché de l'emploi en berne, les saisies se poursuivent. Elles se multiplient même, avec une progression de 38 % au deuxième trimestre de cette année par rapport à l'an dernier. Selon les professionnels, un total de plus d'un million de logements seraient ainsi saisis cette année. La situation est si grave que le secrétaire au Trésor, Tim Geithner, a déclaré ce mardi qu'il fallait réfléchir à des changements fondamentaux dans l'industrie immobilière, qui pourraient prendre la forme de nouvelles garanties offertes par les autorités fédérales pour des prêts hypothécaires. L. J. B.

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