Les casinos suisses en panne de croissance

Pour les exploitants français de casinos, la Suisse n'est plus un eldorado. Dommage, car les trois majors français sont propriétaires de 6 des 19 casinos hélvétiques : Montreux, Courrendlin et Fribourg pour Barrière, Crans Montana et Meyrin pour Partouche et Bâle pour Tranchant. La formidable croissance du secteur des casinos en Suisse, depuis leur autorisation en 2001, marque désormais le pas. Les mises dans les « maisons de jeux » ont reculé de 2,6 % en 2008 et de 5,6 % en 2009 après une année 2007 record. L'activité avait progressé de 6,7 % et franchi la barre symbolique du milliard de francs suisses (745 millions d'euros) de mises tandis que les bénéfices des établissements avaient bondi de 20 %.La nouvelle situation n'est pas de nature à remettre en question la présence de Partouche, Barrière et Tranchant en Suisse. Tout d'abord, la situation est sans rapport avec celle de la France où les sommes jouées sont en chute de 20 % sur les trois derniers exercices. La Suisse en est loin même si la baisse de l'activité devrait se poursuivre en 2010. Le pays vient à son tour d'adopter l'interdiction de fumer. Cette mesure, entrée en vigueur depuis 2008 chez ses concurrents français, expliquerait essentiellement leur chute d'activité. La Suisse a choisi d'être plus souple. Le vice-président du groupe Tranchant, Benjamin Tranchant, précise que, dans son casino de Bâle, la salle des machines à sous a pu être séparée en deux pour créer une zone fumeur et une zone non fumeur et ainsi limiter la fuite des fumeurs qui sont souvent de gros joueurs.Surtout, les casinos suisses restent rentables. Les trois établissements appartenant au groupe Barrière ont enregistré l'an passé 18 millions d'euros de bénéfices pendant que le résultat consolidé du groupe ressortait à 1,9 million. Partouche, actuellement en situation fragile, a affiché en 2009 un profit de 15,1 millions d'euros sur le marché suisse et Tranchant a dégagé un résultat de 9,7 millions, soit pratiquement la moitié de la rentabilité de son activité de casinos qui réunie 18 établissements. « Les taux d'imposition sont comparables à ceux pratiqués en France [supérieurs à 50 % du produit brut des jeux, Ndlr] mais la différence se fait sur la quasi-absence de charges sociales en Suisse », explique Benjamin Tranchant. Enfin, la Suisse se prépare à l'ouverture des jeux en ligne. Dans ce cadre, elle prévoit d'accorder un nombre « restreint » de licences qui serait accordées aux opérateurs traditionnels. Une perspective qui ravit les exploitants de casinos en Suisse. Héléna Dupuy

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