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Le président afghan interdit les officines privées de sécurité

La Tribune

Publié le 18 août 2010 à 14:52 - Mis à jour le 18 août 2010 à 14:52

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13 juin 2026

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Après l'Irak et l'Afghanistan, quelle sera la prochaine destination des officines privées de sécurité ? Ces sociétés d'intérêt militaire, profitant de l'instabilité d'un pays pour fournir des services de sécurité et défense, seront bientôt persona non grata en Afghanistan - comme elles l'avaient été en Irak. Le président Hamid Karzai a signé mardi un décret afin de dissoudre la « totalit頻 des sociétés de sécurité, comme Saladin, Xe (anciennement Blackwater) ou encore DynCorp, d'ici janvier 2011. Cette décision, qui entend mettre fin à la privatisation de la guerre en Afghanistan, devrait mettre au chômage quelque 40.000 « contractos » des 96 entreprises présentes. Le décret stipule que « le personnel afghan de ces sociétés pourra rejoindre les unités de la police », car, et c'est le principal souci pour Hamid Karzai, ces entreprises embauchent près de 90 % de leur personnel localement, une perte pour les forces de police du pays. Quant aux mercenaires étrangers, ils pourront quitter le pays après avoir rendu leurs armes, et leurs visas seront annulés. Cette dissolution risque toutefois de ne pas être une tâche facile pour le président afghan, qui se heurte déjà aux réticences du Pentagone. Dissolution « prématurée »À demi-mot, l'institution américaine s'est dite hostile à toute dissolution «prématurée», privilégiant un retrait progressif «planifié», alors que «l'armée et la police afghane ne sont pas aptes à assurer la sécurité avant 2014 ». Et pour cause : ces compagnies de sécurité travaillent conjointement avec le département de la Défense américain comme avec l'ONU, les ONG ou les médias occidentaux... Du fait de leurs positions stratégiques, de leurs connexions internationales, les entreprises privées infiltrent peu à peu les décisions militaires des pays, devenant de véritables outils de contrôle pour certains commandements étrangers, notamment pour les États-Unis. À l'image de la CIA qui, en 2009, avait été reconnue coupable d'avoir engagé des employés au sein de la société Blackwater, dans le cadre d'un programme secret visant à traquer des membres d'Al Qaida. L'intervention initiale de ces entreprises privées est au départ nécessaire au gouvernement aidé, répondant à des besoins de sécurité légitimes. Réunies sous l'égide de la Private Security Companies of Afghanistan, les officines ont récolté des fonds nécessaires à la reconstruction de l'armée nationale afghane. Toutefois, sans cadre légitime défini, ces sociétés autonomes finissent par agir au nom de leurs intérêts économiques et non de la stabilité étatique. Autre reproche formulé par le président Karzai, elles finissent par devenir une alternative de défense au gouvernement, affectant la centralisation des forces du pays. À l'échelle de la planète, près d'un million de personnes sont embauchées par ces sociétés privées, un marché juteux estimé à 170 milliards d'euros par an.

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