La sécurité des téléphones en question
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Pas de BlackBerry dans les poches des ministres français ou de leurs conseillers. Tous les membres du gouvernement sont en effet équipés de téléphones Samsung. L'appareil n'est pas forcément « plus pratique », reconnaît un conseiller, mais il offre l'avantage d'être mieux contrôlable par les services de l'État. En 2007, les autorités ont en effet banni l'usage professionnel du BlackBerry pour les ministres. Non pas que le téléphone de Research in Motion (RIM) soit une passoire. Mais tout simplement parce que les mails qui transitent sur ces appareils finissent sur des serveurs installés à l'étranger, Grande-Bretagne et États-Unis, avec le risque d'espionnage que cela comporte. Serveurs Locaux sécurisésPourtant, en dehors de cette menace, l'architecture créée par RIM est reconnue plus sûre que le système standard des autres smartphones. Lorsqu'une entreprise s'équipe de BlackBerry, elle installe chez elle un serveur sécurisé fourni par le groupe canadien. Celui-ci envoie les mails cryptés vers les serveurs centraux de RIM. Eux aussi sécurisés. Entre les deux, un « tuyau » dédié, à l'image des réseaux fixes sécurisés dits « VPN » (virtual private network), courants dans les entreprises. À la réception, les mails empruntent la même voie, en sens inverse.Le système BlackBerry n'est pas totalement infaillible. Le téléphone peut par exemple être piraté par un logiciel espion. Mais il est plus sûr que celui des iPhone, Nokia ou des smarphones fonctionnant sous Android. Les mails envoyés depuis ces appareils sont cryptés selon des protocoles internationaux. Mais une fois rédigés, ils empruntent les routes de l'Internet « public » avec les risques de piratage ou d'espionnage que cela comporte. Ils passent aussi par les serveurs des opérateurs télécoms locaux qui, à la demande des autorités, peuvent alors plus facilement écouter aux portes. Exactement comme pour les emails envoyés depuis un ordinateur. Voilà pourquoi l'Arabie Saoudite ou l'Inde demandent à ce que BlackBerry installe des serveurs spécifiques sur leur territoire afin que les opérateurs du pays puissent y avoir accès. Demandes auxquelles RIM aurait répondu favorablement par le passé en Russie ou en Chine afin de pouvoir commercialiser son téléphone dans ces pays.O. Pi.
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