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Le Pasok, arbitre de l'après-scrutin grec

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Publié le 30 juin 2012 à 03:13 - Mis à jour le 30 juin 2012 à 03:13

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Un gouvernement à tout prix et vite. Sous pression de l’Europe et des marchés financiers, la Grèce a la tâche difficile de former une équipe gouvernementale. Le parti conservateur Nouvelle Démocratie, arrivé en tête du scrutin avec 29,5 % des voix (soit 128 sièges) s’est empressé dimanche soir d’appeler à une union nationale, avec « tous ceux qui le voudraient », évoquant un« gouvernement de sauvetage national.» Dès lundi matin, les tractations se sont engagées entre les partis grecs. L’objectif des formations politiques : construire une unité d’ici dix jours, délai imposé par la constitution hellénique. Et il apparaît que le Pasok, au centre de l’échiquier politique, ait un certain nombre de clés en main.Entente sur le mémorandumDès l’annonce des résultats, dimanche soir, le parti socialiste panhellénique, en troisième position avec12,28% des suffrages (soit 33 sièges), a pris conscience de son rôle déterminant. Une coalition entre la ND et le Pasok permettrait en effet aux deux partis historiques grecs de bénéficier de la majorité absolue à la Vouli, le parlement, avec 161 sièges sur 300. Affichant la même ligne de soutien aux mesures d’austérité européennes que la ND, le Pasok pourrait répondre favorablement à une invitation de Samaras .Michalis Chrisochoidis, ancien ministre de la production civile et membre du Pasok, confirme la vision similaire des deux partis sur l\'Europe. «Notre priorité est de renégocier le « Mémorandum », de rester dans l’Europe et de débattre avec l’Allemagne. Nous voulons contribuer de toutes nos forces à un gouvernement fort», confie t-il. Sur le plan interne, les deux partis, aux programmes divergents, pourraient connaître des dissensions plus fortes.« Le Pasok pourra effectivement avoir un poids sur les mesures en politique intérieure et placer ses pions, prédit Aristide Baltas, membre de Syriza, la coalition de la gauche radicale, mais il n’aura pas de poids sur la politique extérieure.»Un gouvernement pour « rassurer » l’EuropeA l\'annonce des premiers résultats, vers 21 h 30, le président du Pasok, Evangelos Venizelos, a assuré dans une réaction précipitée qu’il refuserait de participer à un gouvernement sans la présence du parti Syriza. Aristide Baltas, lui, n’y a vu qu’une promesse de – très - « courte durée ». Venizelos a vite oublié sa phrase, analyse t-il, le Pasok va accepter de former un gouvernement avec ND car il faut que cela soit fait très vite, avant le 28 juin, date du prochain sommet à Bruxelles.» Plus tard, dans la soirée, le Pasok a par ailleurs radouci sa position, assurant qu’il ne soutiendrait la droite qu’avec « un renfort de la gauche. » La formation d’un gouvernement ND-Pasok serait un soulagement pour l’Euro-zone et tout particulièrement pour Berlin. Si cette dernière, satisfaite du scrutin grec, a évoqué la possibilité de « nouveaux délais » pour l’application du« Mémorandum », elle a insisté sur le fait qu’il n’y aurait « aucun chemin en dehors des réformes. »DIMAR en embuscadeLe Pasok a insisté : sans « renfort de la gauche », pas de soutien à la droite. Syriza ayant déjà refusé toute participation, le Dimar, le parti de la Gauche Démocratique peut alors être pressentie pour intégrer l’équipe gouvernementale. Loin d’être défavorable à cette idée, le leader de ce parti, Fotis Kouvelis, a affiché son ouverture dimanche soir.« Pas question d’aller vers une troisième élection, clarifie Mr Gerassimos Georgatos, membre de DIMAR, nous ferons au mieux pour qu’il y ait un gouvernement, nos exigences sont : rester dans la zone euro mais renégocier le mémorandum.» Au siège de DIMAR, à Athènes, on annonce que le patron du parti est en pourparlers et qu’une première réunion se tiendra lundi soirsur le sujet. Fotis Kouvelis, figure politique et ministre de la justice en 1989, jouit par ailleurs d’une popularité au sein de la population grecque, qui pourrait être favorable à DIMAR.Un possible vote de « tolérance » du PasokSi d’aventure une entente entre la ND, le Pasok et un autre parti représentatif de la gauche s’avère irréalisable, Evangelos Venizelos aurait enfin une dernière alternative pour cautionner la création d’un gouvernement. En confiant à Antonis Samaras un vote dit « de tolérance », le Pasok autoriserait la formation d’un gouvernement, sans y placer de ministres. Cela reviendrait alors en une simple alliance parlementaire. La priorité pour les Grecs étant aujourd’hui d’éviter coûte que coûte l’issue tragique d’un nouveau scrutin.

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