Pékin veut exporter des Airbus "Made in China"

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La Chine veut exporter des Airbus \"Made in China\". C\'est ce qu\'ont dit certains responsables chinois au ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui était en Chine les 9 et 10 juillet. \"L\'installation d\'une filiale d\'Airbus en Chine a conduit certains responsables chinois à évoquer, en ma présence, la perspective d\'exporter des avions qui y sont fabriqués vers des pays tiers, entrant ainsi directement en concurrence avec nos propres exportations\", a regretté Laurent Fabius devant les sénateurs de la commission des affaires étrangères et de la défense lors de son audition le 11 juillet. Et d\'enfoncer le clou : \"je rappelle que les filiales d\'entreprises japonaises situées en France y ont créé près de 60.000 emplois alors que leurs homologues chinoises n\'en ont créé que quelques milliers\". Le ministre était également en visite au Japon les 7 et 8 juillet.Pour autant, Pékin a déjà commencé à exporter des Airbus chinois. Mais de façon indirecte, via le loueur chinois ICBC, selon nos informations. Un Airbus A320 doit être livré à la compagnie low-cost malaisienne AirAsia même si ce n\'est pas la vocation première de l\'usine de Tianjin où est installée la chaîne d\'assemblage de l\'avionneur toulousain. La production de la chaîne n\'est censée alimenter que le marché chinois. D\'autant qu\'elle ne suffit pas à subvenir aux besoins des compagnies aérienne chinoises en pleine croissance, rappelle-t-on chez Airbus. Pour autant, l\'avionneur n\'a jamais exclu d\'exporter ses A320 fabriqués en Chine. Airbus espère même que les compagnies aériennes, qui achèteraient un A320 sortant de la chaîne d\'assemblage de Tianjin, utiliseraient en contrepartie comme argument le fait d\'avoir un accès facilité au marché aérien chinois (ouverture de lignes...)Fabius préoccupé par le déficit commercial entre la France et la ChineSigné en 2005 entre Airbus et les autorités chinoises, l\'accord actuel, qui prend fin au premier trimestre 2016, prévoit, à cet horizon, l\'assemblage de 284 A320 à Tianjin selon l\'objectif fixé. 88 ont été livrés depuis 2009. Trois avions sont aujourd\'hui construits chaque mois, avec l\'objectif de monter à quatre. Aux yeux d\'Airbus, une implantation en Chine est cruciale car elle permet, selon l\'avionneur, d\'obtenir des grosses commandes des compagnies chinoises. Celles-ci doivent être validées par l\'Etat. Airbus étaye son point de vue, en expliquant être passé de 6 % de parts de marché en 1994, à 48 % aujourd\'hui avec 805 appareils en service (et 356 en commande).D\'une façon générale, Laurent Fabius est à la fois perplexe et préoccupé face au déficit commercial entre la France et la Chine. \"Que pouvons-nous faire pour remédier au déficit commercial constaté entre la France et la Chine qui s\'élevait en 2011 à 27 milliards d\'euros ?\", s\'est-il interrogél. \"Il s\'agit là d\'un problème complexe, car le marché chinois est très diversifié. Dans certains secteurs, comme l\'aéronautique ou l\'électronique, nos entreprises remportent des succès. D\'autres secteurs, comme celui de la santé, ne sont pas ouverts à la concurrence internationale\". Par conséquent il se dit \"préoccupé par le fait que les échanges commerciaux français avec la Chine soient cinq fois inférieurs à ceux de l\'Allemagne\". Et de conclure qu\'il est prévu \"de reconnaître en 2016 à Pékin le statut d\'économie de marché, ce qui rendra difficile toute procédure anti-dumping\".

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