L'arrivée de patrons du privé à l'hôpital sème le trouble
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ocialDès son arrivée au pouvoir, Nicolas Sarkozy avait martelé qu'il fallait mettre un vrai patron à la tête des hôpitaux et la loi Bachelot, promulguée cet été, a non seulement renforcé les pouvoirs des directeurs d'établissement, mais ouvert ces postes à des patrons du secteur privé.Une démarche qui passe mal pour toute une partie des directeurs actuellement en poste. « Quel est l'objectif réel de cette ouverture aux patrons du privé?? Est-ce que nos collègues ne sont pas compétents et doivent être remplacés par d'autres?? s'interroge le secrétaire général du Syncass-CFDT, Michel Rosenblatt. On se pince en constatant que nous avons des directeurs opérationnels, formés par l'école de Rennes, et qu'on nous dit que c'est mieux de prendre des gens de l'extérieur qu'il faudra former pendant qu'ils seront en poste. » Le syndicat majoritaire chez les directeurs d'hôpitaux, le SNCH, déclare, lui, « ne pas avoir peur de l'ouverture aux contractuels et de la concurrence. Nous attendons de voir avec impatience ce que feront les directeurs issus du priv頻, note Philippe Blua, président du SNCH.Une ouverture trop largeLes décrets sur les modalités de nomination de ces directeurs issus du privé seront présentés avant la fin de l'année. Unis à l'origine, les syndicats s'inquiétaient tous d'une ouverture trop large des postes aux managers du privé, de procédures d'embauche trop peu contrôlées pour ces derniers et d'écarts de rémunération potentiellement importants entre directeurs fonctionnaires et contractuels. La ministre de la Santé a voulu rassurer. Elle a d'abord annoncé l'ouverture d'une négociation sur les rémunérations le 20 novembre. Elle s'est ensuite engagée à limiter la diversité des recrutements extérieurs au corps des directeurs d'hôpital « à 20 % des emplois fonctionnels » (les plus hauts postes de directeurs des plus gros établissements de santé) « et à 20 % de tous les postes de chefs d'établissement », précisant qu'« une formation agréée leur sera dispensée dès leur prise de fonctions ». En outre, selon Philippe Blua, les rémunérations des patrons issus du privé « seront fixées par référence à celles des directeurs d'hôpitaux fonctionnaires » et « les écarts ne devraient donc pas être élevés ». Le SNCH estime donc avoir obtenu satisfaction, alors que les deux autres syndicats de directeurs et de cadres de direction, le Syncass-CFDT et le CH-FO, restent mobilisés après un mouvement de grève le 12 novembre. « Les collègues craignent que ces décrets rendent les chefs d'établissement plus dociles et redevables à l'égard des futurs directeurs des agences régionales de santé (ARS), dans la mesure où ils pourront être relevés de leur fonction et mis à disposition », explique Michel Rosenblatt. Véronique Chocro
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