Sperian se vend à l'américain Honeywell

Le sort semble définitivement jeté pour Sperian Protection. Le conseil d'administration du fabricant d'équipements de protection individuelle, réuni mecredi matin, a décidé à l'unanimité d'approuver la mystérieuse offre évoquée la veille. Celle-ci émane en fait de l'américain Honeywell. Et vu le prix offert par ce dernier, il était difficile de refuser. À 117 euros par action, l'offre, qui valorise le groupe 1,13 milliard d'euros, est très supérieure aux 70 euros proposés jusqu'ici par le fonds d'investissement Cinven. Et plus élevée même que les derniers plus-hauts de 113 euros atteints par le titre Sperian (ex-Bacou Dalloz) en 2007.Logique, dans ces conditions, que Sperian, conseillé dans cette affaire par la banque Rothschild, approuve cette OPA qui porte sur la totalité des actions du groupe. Logique aussi que le conseil d'administration recommande dans la foulée à ses actionnaires réunis mecredi soir en assemblée générale, d'apporter leurs titres à l'opération. Parmi ceux-ci, Essilor et Ginette Dalloz, qui détiennent respectivement 15 % et 13,2 % du capital de l'ex-Bacou Dalloz, ont accepté de céder la totalité de leurs actions sous réserve de l'approbation de l'opération par les autorités de la concurrence européennes et américaines. Logique enfin que Cinven ait décidé de ne pas donner suite à son projet d'offre.le prix de la raretéEst-ce à dire que Honeywell paie très cher sa tranquillité, espérant ainsi dissuader toute tentative de contre-offre ? Pas obligatoirement. Certes, par rapport au cours actuel de 88 euros par action, l'américain offre une prime très intéressante, de 33 %, pour les actionnaires. Mais le prix offert reflète en réalité l'intérêt stratégique pour Honeywell qui, parmi la multitude de ses activités, compte une division dédiée à la sécurité et à la protection. En mettant la main sur Sperian, l'américain veut faire jouer les synergies avec ses propres activités et notamment avec Norcross Safety Products, une société qu'il a rachetée en 2008 pour 1,2 milliard de dollars pour entrer sur ce marché des équipements de protection. Norcross était justement, à l'époque, une cible pour Sperian. Enfin, le groupe américain paie le prix de la rareté. Car dans le secteur, les acteurs indépendants comme Sperian Protection se font de plus en plus rares et, de ce fait, leur valeur de marché tend à s'apprécier mécaniquement. Gaël Vaut

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