Kraft reste ferme sur le social

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On ne fait jamais attention à ce qui a été fait, on ne voit que ce qui reste à faire. » C'est avec cette citation de Marie Curie, et en français s'il vous plaît, qu'Irene Rosenfeld, la PDG de Kraft, a posé jeudi la première pierre du nouveau centre de recherche de Kraft Biscuit (ex-LU) à Saclay. Audacieux ! Tant il reste de choses à faire pour le propriétaire de Jacques Vabre, Carte Noire, Côte d'Or, Milka, etc. Après son rachat de Cadbury en février pour 13,6 milliards d'euros, les échéances sociales vont se multiplier. La patronne a confirmé à cette occasion la fermeture de plusieurs sièges sociaux de Cadbury en Europe, dont celui de Rolle en Suisse pour le fusionner avec celui de Kraft à Zurich. « Cela fait sens quand les équipes sont proches et travaillent sur des projets communs comme le chocolat et le biscuit par exemple. Moins comme en Espagne, où les sièges de Madrid et Barcelone sont sur des produits très différents », explique Michael Clarke, président de Kraft Europe. Irene Rosenfeld semble donc avoir compris la leçon après sa bévue sur l'usine anglaise de Somerdale (la PDG avait d'abord cru pouvoir garder l'usine avant d'annoncer sa fermeture). « Les gens aiment savoir où il vont et nous ne leur cachons pas la direction que nous prenons », confie-t-elle à « La Tribune ».Les ex-salariés de Lu devraient donc, eux aussi, être rapidement fixés sur leur sort. A la fin de l'année, la promesse de ne pas toucher aux usines pendant trois ans tombe. « Nous n'avons jamais été aussi lents dans une intégration », confie Michael Clarke, rappelant que celle de Nabisco avait pris tout juste un an. produits communsSur les neuf ex-usines Lu en France, trois (Granville, Toulouse, Château-Thierry) sont à risque car elles réalisent de très petits tonnages. Mais d'autres devraient être agrandies. « Pour le moment, notre problème est de produire moins que ce que l'on pourrait vendre », explique le directeur Europe. De lourds investissements sont donc à prévoir. A commencer par celui de 15 millions d'euros pour le centre de Saclay, qui ouvrira en avril 2011. Jusqu'à présent, Kraft partageait les locaux de Danone. Délicat pour mettre au point les innovations ! « Cet investissement est une preuve de notre engagement dans le biscuit », a rappelé Irene Rosenfeld. Depuis l'achat de Lu, la branche biscuit de Kraft (2,5 milliards de dollars de ventes, dont 45 % en France) a multiplié les développements de produits communs. Petit Ecolier au chocolat Côte d'Or est sorti en France. Des biscuits Milka, déjà lancés en Allemagne, devraient suivre. Les bâtonnets Mikado sont désormais un succès en Angleterre, grâce à la force de vente de Kraft, et devraient être lancés partout en Europe. Lu a aussi apporté à Kraft de nouvelles technologies en matière de santé. Comme le fourrage au yaourt avec ferments lactiques vivants dans les Lu Petit Déjeuner. Ce centre avec ses 121 chercheurs travaillera en collaboration étroite avec les 15 autres (3.300 chercheurs) de Kraft dans le monde. Les salariés de Kraft pourraient donc y gagner à terme, même si l'année qui vient s'annonce difficile.

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