Les Frères musulmans cherchent à rassurer le monde économique égyptien

 |   |  909  mots
Même si les résultats officiels n\'ont pas été annoncés, et que le camp d\'Ahmed Chafiq a proclamé sa victoire ce mardi, l\'enthousiasme des partisans de Mohamed Morsi n\'a pas faibli. Ils étaient des milliers mardi sur la place Tahrir, rejoints par d\'autres mouvements, pour célébrer la victoire du candidat religieux et protester contre la tentative du Conseil suprême des forces armées de rogner les prérogatives du nouveau président élu avec un addendum constitutionnel. Chez les cadres des Frères musulmans aussi, l\'assurance d\'être désormais investi du mandat du peuple ne souffre pas de doutes. Hassan Malek, hommes d\'affaires et cadre haut placé dans la Confrérie préside l\'Association égyptienne pour le Business et le Développement (Ebda signifie aussi « début » en arabe) prédit, sûr de lui : « je suis bien plus sûr d\'un retour de la stabilité avec la victoire de Mohamed Morsi. Bien sûr cela prendra du temps....Ces résultats prouvent que l\'armée doit remettre le pouvoir complètement aux autorités civiles. Le peuple égyptien nous demande de ne pas accepter cette situation et on doit le faire. Je m\'attend à ce que l\'armée retire ce texte».Part belle au secteur privéApparemment cette assurance est contagieuse, le téléphone d\'Hassan Malek sonne. Une fois la conversation achevée il explique : « C\'est un homme d\'affaires important qui a soutenu Chafiq. Je lui ai expliqué que, peu importe ses choix passés, nous aurons besoin de lui dans le futur. Les businessmen d\'expérience ont un rôle majeur à jouer dans notre projet et notamment dans la législation. » Les inquiétudes sur un changement de cap économique de l\'Egypte n\'ont pas lieu d\'être, les Frères et leur parti Liberté et Justice sont des adeptes du libéralisme économique assure t il. Hassan Malek n\'a d\'ailleurs jamais caché son intérêt pour certaines réformes du gouvernement aux manettes sous Moubarak, notamment sur l\'attraction des investissements étrangers directs ou indirects : « Ces mesures étaient bonnes, je le redis. Le problème est qu\'elles ont été dévoyées par la corruption ». Le projet économique du parti islamiste fait la part belle au secteur privé « le principal levier de l\'économie dans les années qui viennent. Ils nous faut l\'associer au développement de grands projets industriels, cela permettra de restructurer le secteur public tout en créant de nombreux emplois. »Ne pas décourager l\'activité Le rôle de l\'Etat doit être de répondre aux besoins des plus pauvres, et de remplir les fonctions essentielles « Education, santé, infrastructures de base. La stabilité n\'existera pas tant que le peuple ne sera pas satisfait, le facteur humain est très important pour nous. » Pourtant pas question d\'augmenter les impôts. La logique du parti est plutôt de récupérer toutes les ressources qui échappent aux caisse de l\'Etat. « Lutte contre la corruption », « transparence » et « réduction du secteur informel » (on estime qu\'il représente jusqu\'à 40% du PIB) et de booster la production. Si la fixation d\'un salaire maximum a été discuté, aucun chiffre n\'\'est avancé pour le moment, comme pour les impôts, où les taxes sur les gains boursiers, il \'agit de ne prendre aucune mesure «qui risquerait d\'effrayer les investisseurs et de réduire l\'activité».  Dans le domaine du tourisme aussi les Frères musulmans n\'ont eu de cesse de tenter de rassurer un secteur effrayé par l\'idéologie islamiste et les exigences qu\'ont pu formuler les salafistes, deuxième force représentée au Parlement. Quid de l\'alcool et du bikini sur les plages de la mer Rouge ? « Nous ne prendrons pas de décisions choquantes ou en conflit avec un secteur, que ce soit dans le tourisme ou dans la banque : notre but est d\'améliorer l\'offre dans ces domaines pas de leur enlever quelque chose », affirme Hassan Malek. La question cruciale du prêt du FMI A plusieurs reprises les responsables du parti Liberté et Justice se sont déclarés favorable, en principe, au prêt du FMI. Presque signé au début de l\'été dernier, ce prêt de 3,2 milliards de dollars avait été rejeté par les généraux au pouvoir, avant d\'être à nouveau à l\'ordre du jour. L\'organisation internationale n\'a pas fait mystère de la recherche d\'un consensus parmi les forces politiques et a d\'ailleurs rencontré à plusieurs reprises des cadres du parti islamiste. Pour Hassan Malek, un seule condition « que cet argent soit destiné à des projets de développement et cela n\'arrivera pas à moins de traiter avec un gouvernement issu des urnes ». Le FMI a bien rappelé son intention de signer l\'accord de prêt la semaine dernière. Sans toutefois préciser comment et avec qui ... Le Parlement suspendu, le Conseil supérieur des forces armées qui tente de conserver une part importante du pouvoir exécutif, et deux présidents qui revendiquent la victoire...L\'imbroglio institutionnel et la tension qui règnent en Egypte ne facilitent pas les choses. Les résultats officiels sont attendus ce jeudi.  

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :