Le Pérou, entre conflit social et croissance économique

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D’abord l’eau, et ensuite l’or. Le Président du Pérou Ollanta Humala a tranché. « Je propose un projet de réforme constitutionnelle afin de reconnaître dans la Constitution le droit fondamental à l\'eau », a-t-il déclaré fin juillet. « Cela rendra impossible le développement des projets d’extraction minière qui exposeraient les populations à des pénuries d\'eau ou à des normes de qualité non adaptées à la consommation humaine. » a-t-il poursuivit.164 conflits sociaux en coursUne décision qui devrait participer à l’apaisement des conflits répétés rencontrés par son gouvernement face à la multiplication des projets miniers dans le pays. Selon le dernier bilan de Defensoria del Pueblo, organisme autonome de l’Etat, le Pérou compte aujourd’hui la bagatelle de 164 conflits sociaux actifs, dont 148 ont un caractère social et environnemental. 5 morts à CajamarcMais c’est dans le nord de la région de Cajamarc que le gigantesque projet minier de Conga soulève depuis des mois les oppositions les plus violentes. Emmené par la firme américaine Newmont, le projet minier, qui doit commencer en 2014, prévoit un investissement de 4,80 milliards de dollars, l’emploi de 10 000 personnes et une période d’exploitation de 17 ans des ressources d’or et de cuivre dont regorge la région. Les craintes de la population locale pour les ressources en eau et l’impact environnemental sur la région ont déclenché au cours des dernières semaines des affrontements violents entre forces de l\'ordre et opposants au projet. Début juillet, cinq personnes sont tuées lors des protestations, ce qui a entrainé le décret de l’état d’urgence dans la région ainsi que la démission du premier Ministre et d’une partie du gouvernement, fortement critiqué pour sa gestion violente du conflit. Position difficile pour Ollanta HumalaA l’issue de sa première année de mandat, le Président Ollanta Humala se retrouve donc en position difficile. Ces derniers mois, sa côté de popularité a connu un processus de détérioration progressif. Le président en exercice comptait sur le support de 60 % de la population, notamment des classes les plus défavorisées, mais sa popularité est rapidement tombée à 40 % fin juin, soit à peine un an après le début de son mandat. Forte croissanceL’équation n’est pas simple, car le pays, en pleine expansion économique, compte beaucoup sur son industrie minière pour poursuivre sa croissance. En juin, l’économie péruvienne a enregistré sa plus importante progression sur les 10 derniers mois, avec une croissance de 7,07 %, et pour l’ensemble de l’année, les prévisions de croissance du PIB ont été révisées à la hausse à 6 %. Le pays est en effet devenu une destination privilégiée pour les investissements étrangers, et l\'élaboration de projets d\'exploitation minière. Activité qui représente plus de la moitié des 52 milliards de dollars d\'investissements étrangers autorisés jusqu\'en 2015. Second producteur mondial de cuivre ainsi que d’argent, le Pérou est également le 7ème pays producteur d’or. Au total, les produits miniers pèsent pour 60% dans les revenus issus de l’exportation du pays et le secteur a progressé de 4,76% au mois de juin. 

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