L'AMF, un gendarme sur le métier

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Et s'il ne s'agissait pas seulement d'une question de moyens ? Si les difficultés rencontrées par l'Autorité des Marchés Financiers (AMF) ne se résumaient pas à un simple problème de budget ? Bien sûr, la disproportion des forces entre des marchés toujours plus actifs et sophisitiqués, et les possibilités limitées des autorités censées les surveiller et les réguler, est patent. En un an, le nombre des ordres de Bourse à Paris a augmenté de 50 %, à 1,3 milliard, et leur durée de vie s'est potentiellement réduite à... 25 microsecondes, rappelait lundi le président de l'AMF, Jean-Pierre Jouet. Rien n'est venu, jusqu'ici, tempérer cette folle course-poursuite. On peut donc comprendre que le régulateur ait besoin de 20 millions d'euros supplémentaires. Mais le mal-être de l'Autorité des Marchés Financiers va au-delà. Après les dix ans de gestion discrète de Michel Prada, Jean-Pierre Jouyet a su capitaliser sur ce que le savoir-faire de son prédécesseur avait de meilleur : conforter et élargir, réforme après réforme, le pouvoir de l'institution ; la projeter en Europe, voire dans le monde. Mieux, il a donné à l'Autorité des Marchés Financiers la visibilité qui faisait défaut. Du scandale Madoff, dont ont été victime des milliers d'épargnants, aux critiques sur la double casquette d'Henri Proglio, PDG d'EDF et président de Veolia, il a été sur tous les fronts. Mais il lui reste à apporter à l'institution qu'il préside, de la lisibilité. L'affaire EADS a montré que le subtil distinguo entre son service d'enquête, le Collège qui initie la procédure de sanction et la Commission qui la prend, décrédibilisait son mode de fonctionnement et ses décisions. Remettre cette architecture sur le métier reste une priorité. pagay@latribune.frpar pierre-angel gay

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