Un tour de vis budgétaire suspendu au taux de croissance

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Halte au feu ! Dans l'entourage du ministre du Budget, on tente de minimiser la portée des propos de Claude Guéant dans le « Financial Times ». « C'est une interview pour l'étranger », expliquent les proches de François Baroin. Claude Guéant « n'a fait que confirmer ce que nous disons sur la scène française, à savoir que le budget 2011 comprendra plus de mesures d'économies que le budget 2010 ». « Toute autre interprétation serait une mauvaise interprétation », martèle-t-on au 5e étage de Bercy. Mais au 6e étage, celui de Christine Lagarde, le ton est un peu différent. L'entourage de la ministre de l'Économie rappelle que le gouvernement a plusieurs fois réitéré son objectif d'atteindre 6 % de déficit en 2011 après 8 % cette année, « donc on fera ce qu'il faut pour arriver à 6 % ». Mais pour l'instant, s'empresse-t-on d'ajouter, nous avons plutôt des bonnes nouvelles, que ce soit sur le front de la conjoncture ou des rentrées fiscales et notamment l'impôt sur les sociétés. Les arbitrages pour le budget 2011 sont en cours de finalisation. Une partie de ces derniers, en particulier sur le volet « dépenses », devrait être rendue dès le mois de juillet alors que la partie « recettes » ne devrait être définitivement tranchée qu'à la fin du mois d'août. Néanmoins, si la France venait à ajuster sa prévision de croissance pour l'an prochain, le gouvernement pourrait être amené à durcir aussi sa copie budgétaire. Le débat parlementaire de l'automne serait alors le théâtre de cette inflexion. Les députés de la majorité comptent bien se faire entendre pour aider François Fillon à débloquer les choses (lire l'interview de Jean Arthuis ci-dessous). Le président centriste de la commission des Finances du Sénat estime nécessaire de couper dans les 75 milliards d'euros des crédits d'intervention. La presse anglo-saxonne évoque pour sa part un possible gel des salaires des fonctionnaires, hypothèse maintes fois démentie par le gouvernement. François Baroin a, quant à lui, admis que la réduction des dépenses fiscales - les fameuses niches - pourrait conduire à plus d'économies que prévu. A. E.

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