« Le Monde » a deux repreneurs au finish

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Comme prévu, deux offres ont été déposées lundi pour la reprise du groupe Le Monde. La première émane de SFA PAR (la société de Claude Perdriel) associé à Prisa et Orange. Claude Perdriel et Prisa seront à égalité dans le capital. Mais c'est Claude Perdriel qui aura le pouvoir de nommer le président du directoire, avec un droit de veto de Prisa. La semaine dernière, Claude Perdriel affirmait « ne pas avoir besoin d'un troisième larron », mais a apparemment dû faire machine arrière. Certes, le patron du « Nouvel Observateur » avait bien évoqué l'entrée de Prisa, ou de l'italien L'Espresso, mais une fois le rachat finalisé. Lundi, Claude Perdriel et son bras droit Denis Olivennes se sont exprimés devant les salariés des Publications de la Vie Catholique (« Télérama » etc.). Ils ont promis d'apporter 100 millions d'euros (hors rachat du Monde Interactif), et même plus en cas de problème. Ils ont dit vouloir négocier un rabais avec les détenteurs d'ORA (obligations remboursables en actions). Claude Perdriel a demandé un large vote du personnel en sa faveur, et a démenti tout contact avec Alain Minc (qui conseille Prisa). De son côté, Denis Olivennes a assuré qu'il n'était pas sarkozyste, mais de gauche, citant ses éditoriaux comme preuve à l'appui. L'opération est approuvée...De son côté, Orange indique apporter 20 millions d'euros au consortium, plus 30 à 35 millions pour le rachat des 34 % détenus par Lagardèrerave;re dans le Monde Interactif. L'opération a été approuvée « à une très large majorit頻 dimanche soir par le conseil d'administration de France Télécome;lécom, indique l'opérateur téléphonique. À noter que les représentants de l'État se sont abstenus. L'opérateur téléphonique confirme que des discussions ont eu lieu sur une promesse d'achat d'ici 5 ans des parts d'Orange par SFA, mais précise que « il n'y a dans l'offre déposée aucune promesse de ce type, et que ce n'est pas une condition à l'offre d'un côté comme de l'autre ». L'autre offre émane du trio Pierre Bergé-Matthieu Pigasse-Xavier Niel. Ils apportent 110 millions d'euros (répartis à parts égales entre les trois), plus 10 millions de crédits bancaires. Le trio espère faire la différence sur les garanties d'indépendance accordées à la Société des Rédacteurs du Monde (SRM). En pratique, le directeur du journal (qui détermine la ligne éditoriale) serait proposé par le conseil d'administration, mais devra être approuvé par au moins 60 % de la SRM. En outre, selon certaines sources, une fondation de Pierre Bergé se proposerait d'aider financièrement les sociétés de personnel et autres actionnaires internes (qui détiennent 51 % mais vont être a priori largement dilués) à conserver une part significative du capital. ... mais aussi critiquéeDimanche soir sur France Culture, Pierre Bergé a critiqué l'offre concurrente, en soulignant que « Perdriel se fait épauler par l'État, c'est-à-dire par quelqu'un [Ndlr : allusion à Orange] qui est envoyé par le président de la République, ce que je ne trouve jamais sain. Un journal n'est pas là pour répondre aux ordres du président de la République. Nous Pigasse, Niel, Bergé, nous n'avons pas de groupe de presse, nous sommes des gens indépendants, nous n'avons pas appelé l'Elysée pour venir à notre secours ». Il a aussi craint que « si L'Obs devenait propriétaire du Monde, il y aurait des synergies qui s'effectueraient au détriment du Monde. »Enfin, le quotidien a indiqué avoir reçu « une marque d'intérêt » de Robert Monteux, l'éditeur de l'hebdomadaire « le Revenu », qui assure pouvoir « mobiliser » 150 millions d'euros, avec des partenaires non identifiés. La Société des rédacteurs va choisir entre les deux offres vendredi 25, et le conseil de surveillance du groupe votera lundi prochain.

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