La chaîne d'assemblage d'Airbus de Tianjin sera à l'équilibre dès 2011

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Trois ans après la création en 2007 de la chaîne d'assemblage final (FAL) d'A319 et d'A320 à Tianjin, près de Pékin, destinés aux seules compagnies chinoises, Airbus semble en bonne voie de gagner le défi industriel qu'il s'était lancé pour renforcer sa présence sur le très convoité marché aérien chinois. « Nous sommes en avance sur nos prévisions financières et la qualité de nos avions est la même que celle des appareils livrés par Hambourg et Toulouse, assure le patron de la FAL de Tianjin, Jean-Luc Charles. Nous livrons à l'heure et aux coûts prévus ». « Nous voulons gagner de l'argent avec cette chaîne », martèle-t-il.En fin de semaine, il présentera à Hambourg un budget 2011 à l'équilibre de la joint-venture détenue à 51 % par Airbus et à 49 % par un consortium chinois (60 % détenus par la ville de Tianjin et 40 % par le groupe aéronautique chinois AVIC). Puis, le 7 décembre le conseil d'administration de la société commune se réunira pour l'approuver. Un tour de force... Car la chaîne de Tianjin n'a pas encore atteint son maximum. Elle affiche actuellement une cadence de production de trois avions par mois. Le responsable vise une cadence de quatre appareils par mois « d'ici à 18 mois ». Mais avec « les périodes de Noël (10 jours), marquées par le départ de la centaine d'expatriés (sur 460 personnes au total, dont 250 sur la ligne d'assemblage) et le Nouvel an chinois (15 jours), on perd des avions », regrette-t-il. Et de lâcher : « Ce sera critique » d'atteindre cette cadence. Après avoir livré 11 appareils en 2009 et 26 en 2010, la FAL pourrait tourner à plein régime dans le courant de 2012 et atteindre une production d'environ 40 avions.Cette réussite va vraisemblablement pousser Airbus à poursuivre l'expérience. D'autant que fin 2010 ou début 2011, les premières ailes d'A320 fabriquées complètement en Chine (X'ian puis Tianjin) seront livrées à la FAL de Tianjin. Ce qui réduit ses coûts même si le cycle de production d'un monocouloir à Tianjin s'élève à quatre mois, dont un lié au transport maritime des différents tronçons fabriqués en Europe (contre 32 jours à Hambourg et Toulouse). Déjà se profile dès 2013 les prochaines négociations sur le renouvellement du contrat signé en 2007 entre Airbus et les autorités chinoises. L'avionneur s'est engagé à livrer au total 284 appareils aux compagnies aériennes chinoises et d'atteindre une cadence de quatre avions par mois. Ce qui assure à la FAL de Tianjin une production jusqu'en 2015 ou 2016. Son carnet de commandes actuel lui donne une visibilité jusqu'à fin 2013. La FAL de Tianjin participe pleinement à la stratégie d'Airbus de renforcer sa part de marché en Chine. Elle représentera 22 % du total des livraisons de l'avionneur toulousain en 2010 (contre 15 % en 2009). Le constructeur fait le pari de rattraper Boeing, puis de le dépasser en Chine. Airbus, qui détiendra 43 % du marché chinois en 2010 (111 appareils livrés), devrait se partager équitablement le marché avec Boeing en 2011.Fin octobre, Airbus avait en Chine 639 avions en service et 282 en commande (auxquels il faut rajouter les 66 signés en novembre par le président chinois Hu Jintao lors de sa venue à Paris), dont 231 de la famille A320. Michel Cabirol, à Tianjin

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