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Pour Messier, le marché connaissait les risques encourus par Vivendi

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Publié le 23 novembre 2009 à 00:44 - Mis à jour le 23 novembre 2009 à 00:44

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Grave, ému, didactique, charmeur et accusateur. Le jury du tribunal new-yorkais où se tient l'action en nom collectif de petits porteurs (« class action ») intentée contre Vivendi a pu se familiariser avec différentes facettes de son ancien PDG, Jean-Marie Messier, lors de son audition qui doit se poursuivre cette semaine. « Certaines de mes décisions en matière de gestion se sont révélées erronées, mais une fraude ? Jamais », a martelé l'ex-patron du conglomérat, qui a nié avoir caché les difficultés financières rencontrées par le groupe entre octobre 2000 et août 2002, période sur laquelle porte cette procédure.Devant les jurés, Messier a avancé trois arguments : au sein de l'ancienne Compagnie Générale des Eaux (CGE), il a poursuivi la stratégie de diversification dans la communication amorcée par son prédécesseur, Guy Dejouany. En 2000, le marché avait été informé en amont des risques inhérents à la fusion entre Vivendi, Seagram et Canal Plus. Enfin, Messier n'était pas seul à la barre du groupe, doté d'un comité de direction où siégeaient les patrons de chaque division, mais aussi d'un conseil d'administration composé d'illustres capitaines de l'industrie et de la finance élus par les actionnaires.« Depuis le XIXe siècle, la Compagnie Générale des Eaux s'est développée en profitant de la dérégulation » de secteurs d'activité précédemment sous contrôle public, a expliqué Messier à son auditoire américain. « À l'instar de General Electric, Vivendi a toujours été présente sur différents marchés. » La CGE était dès 1987 dans la téléphonie mobile avec sa licence SFR. Elle avait aussi un pied dans le cinéma avant la fusion avec Seagram, propriétaire des studios Universal, car elle détenait une participation dans UGC. En somme, « J2M » n'a pas soudainement chamboulé le « modèle d'entreprise » de l'ex-CGE.rêves de synergieSurtout, « la montée la plus spectaculaire de l'endettement du groupe a eu lieu entre 1998 et 1999 », où il a bondi de 6,5 à 22,8 milliards d'euros, donc avant « la période couverte par cette class action ». « Les investisseurs savaient que Vivendi était une société endettée », a souligné le responsable, dont l'avocat a exposé des notes d'analystes de Moody's et de JP Morgan s'inquiétant des conséquences de la fusion avec Seagram, six mois avant qu'elle ne soit effective.Si Messier a eu un tort, c'est d'avoir été « trop en avance » dans ses rêves de synergie entre télécoms et médias. Avec Vivendi, le dirigeant espérait développer les « technologies du futur pour amener l'ensemble du divertissement vers n'importe quel écran, n'importe où, n'importe quand ». Mais ses ambitions ont été compromises par les équipementiers en télécoms, incapables d'accélérer la rapidité du téléchargement de la musique et de films dans les délais promis au groupe. Impossible donc « de proposer le type de services aujourd'hui disponibles sur un iPhone ou un BlackBerry » !faire rayonner vuJean-Marie Messier n'a donc jamais eu la folie des grandeurs. Son omniprésence dans les médias n'avait qu'un but : faire rayonner la marque Vivendi Universal. Lors de sa disgrâce en 2002, Messier estime avoir été la « cible » de ces mêmes médias « prêts à vous tuer quand le vent tourne ». Quant à ses compatriotes, ils n'ont jamais compris son combat pour la « diversité culturelle », a-t-il expliqué aux jurés, auxquels il a dépeint une France du tournant du millénaire dans laquelle « les agriculteurs détruisaient des McDonald's perçus comme une invasion de la culture américaine » et où des « films étaient subventionnés sans que personne ne les regarde ». n

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