La Chine, en queue de peloton pour les dépenses de santé

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C'est l'un des grands enjeux de l'équilibre économique international de la décennie qui commence : comment stimuler la consommation dans les pays émergents qui ont, pour la plupart, fondé leur modèle de croissance sur les exportations ? L'essor de la demande intérieure de ces pays suppose un changement en profondeur des modes de vie de leurs populations, plus enclines à épargner qu'à consommer, comme en Chine, en raison notamment de l'absence de couverture sociale. Un rapport que vient de publier l'OCDE, « Regard sur la santé en Asie Pacifique », montre que les gouvernements des grands pays en développement (PED) ignorent de moins en moins cette réalité. « Le taux de progression des dépenses de santé par habitant en valeur réelle a été en moyenne de 4,9 % par an en Asie entre 1998 et 2008, contre 4,1 % observés dans les pays de l'OCDE », note le rapport sur la base d'une enquête portant sur 27 des pays de la région Asie Pacifique (Corée du sud, Chine, Japon, Vietnam, Birmanie...). « L'augmentation a même été plus rapide au Cambodge, en Chine, en Corée et au Vietnam - presque deux fois la moyenne de la région ». Gouffre considérableActuellement, pour chaque habitant de cette zone un peu plus de 500 dollars (381 euros) sont dépensés en moyenne pour sa santé par an, soit six fois moins que dans les pays de l'OCDE. Mais entre les dépenses de santé australiennes (3.448 dollars par an et par personne) et celles de la Birmanie (24 dollars), le gouffre est considérable. La Chine est très en retard. Avec 259 dollars (197,21 euros) de dépenses de santé par an et par personne, à peine plus que la moitié de la dépense moyenne de la zone, elle se situe derrière la Thaïlande, la Malaisie. Mais le taux de progression annuel des dépenses de santé est en Chine presque le double (9,2 %) de la moyenne de la zone (4,9 %). Emblématique des différences de priorités politiques nationales, la part des dépenses publiques (gouvernement et fonds de sécurité sociale) dans le total des dépenses de santé est bien plus faible en Asie que dans les pays de l'OCDE : « respectivement 59 % contre 72 % », souligne le rapport. En moyenne, la part publique des dépenses de santé a stagné dans les pays asiatiques, passant de 43 % en 1998 à 45 % en 2008, à peu près la même proportion qu'aux États-Unis, mais bien moins que la moyenne de l'OCDE où le secteur public compte pour 72 % des dépenses en 2008. Pour la Chine, la part des dépenses publiques représenterait 42 %, sur la base très partielle du cas de la ville de Tianjin retenu par le rapport. En hausse constante à peu près partout, les dépenses de santé ont permis d'améliorer l'espérance de vie à la naissance dans 22 pays asiatiques à 71,6 ans en 2008, soit un gain de plus de quatorze ans depuis 1970 contre neuf ans en moyenne dans l'OCDE. Mais plus de la moitié des cas de tuberculose dans le monde se concentrent dans la région. Laurent Chemineau

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