Poussée de fièvre dans le public

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Les dabistes, qui menacent de ne plus approvisionner les distributeurs de billets en cette période de fêtes pour obtenir la même prime que les convoyeurs de fonds, doivent se sentir bien seuls. Ils sont en effet les rares salariés du privé à manifester leur mécontentent. Car, en cette fin 2009, la grogne est nettement du côté de la sphère publique. À la RATP, les conducteurs de la ligne A du RER sont en grève depuis une bonne dizaine de jours pour des questions salariales. À la SNCF, ce sont les personnels des TER qui viennent d'observer des arrêts de travail, en attendant peut-être le mouvement national annoncé par les syndicats pour le courant janvier. À l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, 900 chefs de service menacent de démissionner de leurs fonctions administratives si le plan de suppression de postes présenté par la direction n'est pas rapporté. Les agents des collectivités locales sont appelés à la grève à la mi-janvier pour défendre leur situation alors que se profilent les élections régionales.À l'Association pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), cogéré par l'État et les partenaires sociaux, les syndicats appelait ce mardi à des débrayages contre des suppressions de postes. Comme l'ont fait il y a quelques jours les personnels de Pôle emploi. À Radio France, certains techniciens ont reconduit, également mardi, leur mouvement de grève pour 24 heures. Toujours à Radio France, les syndicats de RFI ont appelé, lundi, à une grève illimitée à partir du 7 janvier sur fond de plan social en cours. Au ministère de la Culture, les gardiens de musées ont tout juste repris le travail après plusieurs jours d'arrêt de travail pour dénoncer les suppressions de postes à venir.détérioration du serviceExceptée à la RATP ou la question salariale est mise en avant (voir ci-contre), cette grogne hivernale dans le public a une cause essentielle : les effectifs, ou plus exactement les suppressions de postes programmées qui entraîneraient, selon les syndicats, une détérioration du service ainsi qu'une dégradation des conditions de travail des agents. Entre fin 2002 et fin 2009, la CGT Cheminots estime ainsi que 22.000 postes ont disparu à la SNCF.Avec un déficit budgétaire flirtant les 141 milliards d'euros, il y a pourtant peu de chance que l'executif revienne sur sa politique de réduction d'effectifs dans le secteur public. La règle du non-remplacement d'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux, imposée en 2007 par Nicolas Sarkozy, entraînera en 2010 la suppression de 33.700 postes de fonctionnaires de l'État. Éric Woerth, le ministre du Budget et des Comptes publics a annoncé, le 3 décembre dernier, que cette règle s'appliquera dès l'an prochain aux 650 « opérateurs de l'État », c'est-à-dire tous les établissements publics qui emploient près de 370.000 agents. Fin janvier, lors de la conférence sur les déficits publics qu'il ouvrira, Nicolas Sarkozy devrait rappeler que l'heure est bien aux économies.

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