François Fillon réussit son oral sur le yuan

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BilatéralC'est dans une ambiance détendue que le Premier ministre français s'est adressé mercredi à un parterre d'étudiants de l'université de Beihang, choisie pour son partenariat qui la lie depuis 2005 à la prestigieuse École centrale. Contrairement à l'intervention du président américain Barack Obama dans une université de Shanghai, placée sous haute surveillance, les étudiants pouvaient formuler librement leurs demandes.Répondant à une question sur les déséquilibres commerciaux, François Fillon a abordé un sujet qui fâche les autorités chinoises : la parité du yuan. « Une évolution progressive vers un régime de change plus flexible diminuerait la dépendance des entreprises chinoises aux marchés internationaux et permettrait de soutenir la hausse du pouvoir d'achat des consommateurs », a-t-il expliqué à ces étudiants qui pour l'occasion arboraient avec fierté un T-shirt blanc imprimé « Promotion Fillon ». Le Premier ministre juge en effet que « c'est une question de justice, une question d'efficacité : si nous voulons éviter de nouvelles crises et de nouveaux soubresauts, la priorité est de mettre en place un système monétaire international qui nous évite ces déséquilibres extrêmement dangereux pour la stabilité de l'économie mondiale ».La parité monétaire est l'un des contentieux sino-européens. François Fillon venu en mission de séduction pour sceller la réconciliation des deux pays ne l'a pas abordé, semble-t-il, lors de ses rencontres avec le président Hu Jintao et le Premier ministre Wen Jiabao. Réindexé depuis juillet dernier au dollar, la faiblesse du yuan par rapport à l'euro pénalise les exportations françaises. Ainsi, en 2008, la France a accusé un déficit commercial avec la Chine de 21,9 milliards d'euros contre 19,9 milliards d'euros en 2007. Toutefois, François Fillon a subtilement préféré mettre le doigt sur les États-Unis plutôt que sur la Chine pour donner un exemple des déséquilibres commerciaux. « Il n'est pas normal qu'aujourd'hui, avec des coûts de production identiques, un avion fabriqué en Europe coûte plus cher qu'un avion fabriqué aux États-Unis, simplement parce qu'il y a une différence de parité entre l'euro et le dollar qui ne correspond en rien à la réalité économique et financière », a-t-il asséné.mission accomplieDressant un bilan de sa visite, le Premier ministre a rappelé, outre la moisson de contrats industriels signés (voir « La Tribune » de mardi) que sa mission consistant à « remettre sur des rails les relations franco-chinoises [...] a été accomplie ». Par ailleurs, il a confirmé la venue du président de la République Nicolas Sarkozy en mai, pour l'inauguration de l'Exposition universelle de Shanghai, qui sera suivie d'une visite d'État de Hu Jintao en France dans le courant de l'année. n

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