Yuan : la fin de la complaisance

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Jusqu'ici, les hédonistes occidentaux s'étaient accommodés d'un yuan sous-évalué. Grâce à lui, les consommateurs ont pu s'offrir à bas prix tout ce dont ils n'avaient pas besoin ; les actionnaires d'Apple ou de Nike ont pu fermer leurs usines et faire exploser leurs profits, au point de devenir des ambassadeurs zélés du yuan faible ; des stratèges ont fait le pari qu'en laissant la Chine devenir l'atelier du monde, elle s'ouvrirait et deviendrait, tôt ou tard, une grande démocratie. Ces calculs expliquent la phénoménale complaisance devant la montée de la puissance chinoise. Comme si les enjeux géopolitiques s'étaient effacés devant les avantages que chacun croyait tirer du yuan faible. Seulement voilà : avec la crise, Washington a pris conscience que ni la politique de taux zéro, ni l'explosion des dépenses publiques ne viendraient plus compenser la disparition de l'outil industriel. Et le Pentagone a réalisé que la Chine était bel et bien passée à l'offensive, avec l'arsenal des conflits modernes : les sanctions commerciales, le gel diplomatique, le pillage technologique, le chantage au débiteur, la propagande, l'infiltration et le contrôle d'Internet, sans oublier l'arme du taux de change, la plus redoutable dans un monde régi par le commerce. Selon le précepte de Sun Tzu dans « l'Art de la guerre », tout est bon à Pékin pour « remporter la victoire sans combattre », comme le fit en son temps l'Amérique à l'encontre de l'URSS. Washington a compris que le maintien de son leadership passait par une réévaluation de la devise chinoise qui, selon les experts, devrait s'échanger à 3,40 contre dollar au lieu de 6,83 actuellement. Obama, qui dit vouloir doubler les exportations américaines d'ici à cinq ans, va devoir trouver des arguments qui portent.vsegond@latribune.fr Valérie Segond

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