L'Amérique tente de renforcer sa cybersécurité

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Le pays est en danger. » La semaine dernière, en présentant au Sénat leur projet de loi visant à renforcer la cybersécurité des États-Unis, le démocrate John Rockefeller et la républicaine Olympia Snowe ont prévenu que les « réseaux utilisés par les familles américaines et les entreprises pour leurs activités quotidiennes sont attaqués et piratés chaque jour » et que le Congrès, le gouvernement fédéral et les sociétés privées devaient unir leurs forces. En février, Dennis Blair, le directeur du Bureau national du renseignement (Odni), a déclaré au Capitole que les attaques chinoises sur Google devaient servir « d'alarme pour ceux qui n'ont pas pris ce problème au sérieux ».Alors que la Chambre des représentants a déjà voté un texte sur la cybersécurité (à l'écrasante majorité de 422 voix contre 5), l'injonction de Dennis Blair avait pour objectif d'accélérer l'adoption d'une loi par l'ensemble du Congrès. L'administration Obama juge qu'elle ne dispose pas encore de l'autorité et des moyens pour protéger le pays contre des attaques. Le gouvernement américain met toutefois un arsenal en place.En décembre, Barack Obama a confié à Howard Smith, un ancien conseiller de l'administration Bush passé par le privé, le nouveau poste de coordinateur des efforts des agences fédérales pour lutter contre les cyber attaques. D'après Market Research Media, les dépenses du gouvernement américain consacrées à la cybersécurité augmenteront de 6,2 % par an entre 2010 et 2015 pour atteindre au total 55 milliards de dollars.Selon le « Wall Street Journal », le département d'État et des élus du Congrès plancheraient, depuis les frappes chinoises contre Google, sur la création d'un poste d'ambassadeur « cybersécurit頻 chargé des relations bilatérales ainsi qu'aux Nations unies. Pour l'épauler, des spécialistes seraient intégrés aux ambassades américaines. Leur mission : identifier les pays combattant la cybercriminalité et ceux qui ne le font pas. Faute d'efforts, leur aide au développement serait rabotée.Le projet de loi Rockefeller et Snowe prévoit que les patrons des grandes sociétés technologiques soient informés par le gouvernement des menaces pesant sur les États-Unis. Mais sans attendre cette union sacrée du privé et du public, Google a demandé l'assistance de l'Agence de la sécurité nationale (NSA) pour analyser les attaques dont le groupe a fait l'objet. Le cas de Google est loin d'être isolé. Le Computer Security Institute révèle qu'en 2009, sur un panel de 443 entreprises américaines et agences fédérales interrogées, 64 % ont été attaquées par des logiciels malveillants («?malwares?»), ce qui leur a, en moyenne, coûté 234.000 dollars.Les professionnels sont sceptiques sur la capacité des États-Unis à se défendre. Selon une enquête du Centre pour les études stratégiques et internationales (CSIS) et du spécialiste de la sécurité informatique McAfee réalisée auprès de 600 entreprises de 14 pays, leurs responsables placent les États-Unis et la Russie en tête des trois pays les plus vulnérables... avec la Chine.

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