deux ans de conquête du terrain diplomatique

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Comme tous les chefs de l'état avant lui, Nicolas Sarkozy a fait campagne sur le terrain intérieur pour conquérir l'Élysée mais il s'est rapidement coulé dans la fonction du président-diplomate.Avant son élection, en mai 2007, Nicolas Sarkozy s'était construit en opposition à Jacques Chirac, revendiquant avec force une proximité avec l'administration Bush pendant la crise irakienne. Quand Dominique de Villepin portait à l'ONU la parole de la France contre une entrée en guerre aux côtés des États-Unis, son rival se proclamait « Sarkozy the American » lors d'un voyage à New York. Selon des diplomates français, la stature internationale de Nicolas Sarkozy s'est construite durant l'été 2008, avec la crise géorgienne et surtout la mort de dix soldats français en Afghanistan. Peu familier des dossiers européens, le chef de l'État a appris dans l'urgence à gérer ses relations avec ses 26 partenaires. Mais c'est bien sûr la crise qui, à l'automne 2008, a modifié le rapport du chef de l'État à la diplomatie. Nicolas Sarkozy s'est tout d'abord attaché à apparaître comme le chef de file de la moralisation du capitalisme financier, en multipliant les initiatives dans la période qui a précédé l'arrivée à la Maison-Blanche de Barack Obama. Puis la montée en puissance du président américain a contraint le président français à rechercher d'autres alliances, comme avec le Brésilien Lula. À l'Élysée, le pilote de la politique économique de Nicolas Sarkozy est depuis quelques mois Xavier Musca, l'ancien directeur du Trésor, qui tente de contenir les emportements du conseiller spécial, le tumultueux Henri Guaino, inspirateur de toujours du discours présidentiel.Le lien franco-américain demeure le fil rouge de la politique étrangère sarkozienne. Il est vrai que le conseiller diplomatique du chef de l'État n'est autre que Jean-David Lévitte, ancien ambassadeur de France à Washington et ancien représentant de Paris aux Nations unies. C'est au nom de la normalisation des relations entre Paris et Washington que Nicolas Sarkozy a signé le retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan, au grand désespoir des gaullistes « historiques ». Et qu'il accentue l'engagement militaire français en Afghanistan. Dans le domaine des relations avec l'Afrique, Nicolas Sarkozy s'était aussi engagé à la « rupture » avec les années Chirac. Mais la « realpolitik » s'est imposée rapidement. Et le discours de Dakar, en juillet 2007, reste comme une fausse note dans le concert diplomatique du chef de l'État. H. F.

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