Gaz de schiste : le gouvernement ne tranche pas... définitivement

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D\'une même voix, les ONG, qui ont rencontré ce mardi Jean-Marc Ayrault et sa ministre en charge de l\'Ecologie dans la perspective de la Conférence environenmentale de septembre, se sont déclarées \"satisfaites, sauf sur les gaz de schiste\". Satisfaites d\'abord par le principe de rencontre avec un Premier ministre, lequel, selon l\'engagement du candidat François Hollande, doit être le garant de la cohérence du gouvernement en matière d\'environnement. Dans le cadre du Grenelle, les ONG avaient des contacts directs avec le président, mais pas avec le Premier ministre auquel il revient en principe d\'effectuer les arbitrages interministériels. Comme l\'a expliqué Jean-Marc Ayrault aux ONG, chaque ministère recevra désormais une lettre de cadrage environnemental sur le principe de la lettre de cadrage budgétaire déjà bien ancrée dans les habitudes.Inclure l\'écologie aux réflexions fiscale et sociale\"Le gouvernement semble ouvert au dialogue, convaincu que la transition écologique peut être compatible, et même, représenter une piste de sortie possible, à la crise économique actuelle\", se réjouit Cécile Ostria, directrice de la Fondation pour la Nature et l\'Homme (FNH) créée et présidée par Nicolas Hulot. En revanche, si les ONG ont obtenu de participer au chantier du \"redressement productif\", ni le calendrier, ni les modalités de cette participation n\'ont été précisées. \"Le principe d\'une Conférence environnementale (programmée les 14 et 15 septembre prochains) ouverte par le président et clôturée par le Premier Ministre est une étape majeure, affirme Cécile Ostria. Mais nous regrettons l\'absence de lien avec la Conférence sociale\". De la même façon, si la fiscalité environnementale est inscrite à l\'ordre du jour, \"il ne faudrait pas que le sujet soit traité en parallèle de la réflexion plus globale prévue sur la fiscalité\".Evaluer le potentielIl semblerait que le Premier ministre ait beaucoup insisté sur l\'importance de la participation citoyenne, notamment lors du débat sur la transition énergétique, qui doit s\'ouvrir cet automne pour déboucher sur une proposition de loi au deuxième trimestre 2013. Le sujet des gaz de schiste devrait y être largement débattu. Pour l\'heure, conformément à la volonté de la précédente ministre de l\'Environnement, Nathalie Kosciusko-Morizet, la technique de la fracturation hydraulique, décriée pour les dégâts sur l\'environnement qu\'elle est susceptible de provoquer comme le montrent plusieurs cas aux Etats-Unis, est interdite par la loi en France. Problème, il faudrait en passer par là, ne serait-ce que pour confirmer le potentiel de notre sous-sol. La Pologne vient de découvrir que ses ressources étaient deux fois moins importantes qu\'attendu.Pour l\'heure, la France est présentée comme l\'un des pays européens les plus prometteurs. Et l\'exemple américain ne se limite pas aux dégâts écologiques. L\'accès à une énergie abondante et à bas coût contribue à relancer l\'économie des Etats-Unis, en y créant des emplois et même en provoquant la relocalisation de pans entiers de l\'industrie, telles que celle du cracking (opération consistant à casser les molécules pour les besoins de la pétrochimie). Si une nouvelle technique était mise au point...On comprend bien ce qu\'une telle perspective peut avoir de tentant pour le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, et sa volonté, exprimée la semaine dernière, de \"regarder le dossier\". Les entreprises européennes très énergétivores et en concurrence directe avec des entreprises américaines ayant accès à une énergie très bon marché sont particulièrement concernées. Delphine Batho avait rétorqué en réaffirmant l\'opposition du gouvernement à la fracturation hydraulique, et en confirmant la prochaine refonte du code minier, pour le rendre plus conforme à la Charte de l\'Environnement. Ce mardi, Jean-Marc Ayrault a confirmé que le sujet se traitait chez elle (et non au ministère de l\'Industrie). Les ONG n\'en ont pas moins regretté une \"position attentiste du gouvernement\".En résumé : non à la fracturation hydraulique mais ouverture d\'un \"vrai débat démocratique si une nouvelle technique était mise au point\". Pour l\'heure, de l\'aveu même des industriels, une telle technique n\'existe pas. Gageons que le sujet sera bel et bien sur la table des débats à la rentrée. Le gouvernement saura-t-il trouver une position commune ou le sujet risque-t-il de s\'envenimer à l\'image du différend concernant les forages pétroliers en Guyane, qui s\'était finalement conclu par l\'éviction de Nicole Bricq du ministère de l\'Ecologie ? En tout cas, Arnaud Montebourg, ne compte pas lâcher prise. \"Un débat sur le gaz de schiste, auquel seront associées les deux chambres, aura lieu à la rentrée\", a-t-il indiqué mardi devant les sénateurs de la commission des affaires économiques.

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