La découpe de Doux commence

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Les salariés Doux le craignaient. Le volailler placé en redressement judiciaire début juin ne sera pas repris dans sa totalité. Sofiprotéol a présenté ce mardi un nouvelle offre dite \"coordonnée\". Elle permet la sauvegarde de 3.078 emplois, grâce à la reprise de 2.707 salariés Doux, soit 519 de plus qu’initialement, et à 371 promesses d’embauches d’anciens salariés non repris formulés par les repreneurs. Le gouvernement avait exigé de Sofiprotéol qu’il améliore son offre et reprenne davantage des 3.400 salariés. A l\'époque, près de 2.000 risquaient de perdre leur emploi. Ils ne serient plus \"que\" 400 environ. Le ministre délégué à l’Agroalimentaire, Guillaume Garot, plaidait pour cette amélioration, depuis quelques jours, après avoir remplacé le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, dans la gestion quotidienne de ce dossier. C’est chose faite.Dix entreprises pour quinze sitesCette offre est maintenant dans les mains de l’administrateur judiciaire, Régis Valliot. Elle sera examinée par le Tribunal de commerce de Quimper ce vendredi 27 juillet. L’offre coordonnée de Sofiprotéol devrait être en balance avec le plan de continuation que doit présenter Charles Doux, fondateur et actionnaire à hauteur de 80 % du volailler breton.Sofiprotéol l’emportera-t-il ? Le groupe reste très secret sur les fonds, qui seront injectés pour relancer la machine Doux. \"Il faut plusieurs dizaines de millions d’euros pour remettre à niveau les outils de production\", indiquent, sans plus de détails, le directeur général de Sofiprotéol, Jean-Philippe Puig, et le président de l\'une de ses filiales Glon Sanders, Philippe Tillous-Borde. Il ne les portera pas seul. Car son offre ne fait que coordonner celles d’une grappe d’entreprises. Au total, une dizaine de sociétés et de coopératives proposent de se partager la quinzaine de sites industriels du groupe Doux. Certains pourraient y voir une sorte de démantèlement partagé. Ainsi, Tilly-Sabco, spécialiste du poulet entier, et Glon Sanders, spécialiste de l’alimentation animale, créent une société commune pour reprendre l’usine de Quimper d’où sortent les escalopes Doux et Père Dodu. Une autre société commune entre Glon Sanders et, cette fois, Duc, concurrent de Doux, reprendra quatre usines à Clémont, Boynes, Blancafort et Amilly. Chaque entreprise précisera alors quel montant elle accorde à quel actif. Cet accord de Yalta entre spécialistes de la volaille, coopératives et fabricants de produits d’alimentation animale doit permettre à Doux de gagner la guerre de la \"compétitivité industrielle\" face aux importations de poulet. Entre elles, les entreprises ont signé des contrats assurer toute le chaîne de production. \"C’est toute la filière qui doit y gagner\", assurent les deux dirigeants.Le prix des céréales flambeLes éleveurs de volailles – 800 dépendraient de Doux - doivent se prononcer sur cette offre. Beaucoup se seraient ralliés au plan de continuation de Charles Doux. Sofiprotéol espère les convaincre : son offre inclut la reprise de stocks de poulets vivants à la société Doux Elevage. \"Cette reprise de stocks devrait permettre à l’administrateur judiciaire de rembourser la totalité des créances des éleveurs\", promet Sofiprotéol. Le sort du groupe Doux devrait être scellé vendredi. Sauf report. Une décision s’impose. Le prix des céréales, et notamment du maïs dont on nourrit les poules, flambe. Cette inflation complique l\'approvisionnement des usines Doux.

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