L'international, une tentation risquée

Au Crédit Agricolegricole, l'international a été considérablement développé entre 2005 et 2007. Il représente 55 % des revenus du groupe. Si la Banque verte a réussi à se créer un marché domestique en Italie, où elle est en passe de devenir la septième banque du pays, elle souffre en Grèce depuis 2007 avec Emporiki. Sur la seule année 2009, sa contribution au résultat du groupe est négative de près de 1 milliard d'euros. Néanmoins, affirme Casa, le plan de restructuration engagé commence à porter ses fruits et la filiale devrait être profitable en 2011. En Espagne, la banque s'est installée au capital de Bankinter à hauteur de 20 % fin 2007. Mais elle reste un actionnaire relativement passif, non présent au conseil d'administration. En Europe de l'Est, la banque s'est développée dans six pays, où elle compte au total 800 agences. Reste à savoir si le nouveau management du groupe gardera cette stratégie de présence à l'international.Côté Crédit Mutuel, à la suite des acquisitions, en décembre 2008, des activités de Citibank en Allemagne - rebaptisé depuis Targobank - puis, en mars 2009, de Cofidis - la société de crédit à la consommation réalise un tiers de son activité hors de France -, le groupe CM5-CIC a considérablement accru sa présence à l'international. En 2008, 4 % de son produit net bancaire (PNB) étaient générés hors de France. En 2009, cette proportion a atteint 25 %. Progressivement, l'Allemagne devient le « second marché domestique » du groupe, avec 15 % du PNB. À l'avenir, CM5-CIC compte s'appuyer sur le réseau d'agences de Targobank pour développer l'offre de produits d'assurances outre-Rhin. « Mais ce n'est pas parce que nous avons renforcé nos fonds propres en 2009 que nous allons nous précipiter pour acheter d'autres banques à l'étranger », prévient le directeur général de CM5-CIC, Michel Lucas. Le groupe sait se montrer sélectif. Sollicité pour racheter des actifs en Pologne l'année dernière par exemple, il n'a pas souhaité donner suite à l'opération.BPCE, quant à lui, est franco-français. Il ne réalise que 1 % de ses revenus à l'international. Mais prévoit de consacrer 1 milliard d'euro sur ses fonds propres d'ici à 2013 pour des acquisitions ciblées, dans des zones dynamiques et peu bancarisées, afin de construire une « capacité de projection ». Cette stratégie sera conduite par un pôle BPCE International et Outre-mer, qui rassemblera toutes les activités concernées. Les établissements régionaux pourront être mobilisés comme « banques marraines », à commencer par la Bred, riche en filiales exotiques. Cette phase d'apprentissage terminée, le groupe compte monter en puissance avec une enveloppe de 2 à 3 milliards. Service Finance

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