La Pologne attire les investisseurs

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À l'occasion de son déplacement cette semaine en Asie, la délégation polonaise du ministère des Finances ne devrait sans doute guère manquer d'arguments face aux investisseurs pour vendre sa dette. En terme de croissance du PIB, ce pays est aujourd'hui présenté partout comme le coureur en tête en Europe. La Commission européenne a d'ailleurs annoncé jeudi qu'elle avait relevé ses estimations de croissance - de 1,8 % à 2,6 % - pour ce pays. « Il est clair que cette croissance attire de plus en plus les investisseurs internationaux », souligne Andras Szalkaï, gérant chez East Capital. D'autant plus qu'elle s'accompagne actuellement, déficit public oblige, d'« une vague de privatisations qui donne lieu à des introductions à la Bourse de Varsovie ». Plusieurs augmentations de capital ont déjà eu lieu cette année, dans des domaines comme les mines de cuivre (KGHM), le raffinage (Lotos) ou l'électricité (ENEA). D'autres sont annoncées - l'assureur PZU, le groupe d'électricité Tauron - ou pressenties, comme celle de Polkomtel dans les télécoms. « C'est un mouvement de grande ampleur », poursuit l'analyste, qui parle d'un montant total de fonds levés susceptible d'atteindre 10 milliards d'euros. Reste que si la croissance est là et que l'intérêt grandit sur les marchés, cette dynamique peine à se matérialiser. Les indices polonais ont certes fait preuve d'une meilleure résistance que leurs pairs des marchés européens dits « développés » (? 3,4 % contre ? 9 %). Mais ils sont loin, par exemple, d'avoir retrouvé leurs niveaux d'avant la faillite de Lehman Brothers. L'indice WIG 20, qui se situait autour des 3.900 points en octobre 2008, évolue autour de 2.190 points aujourd'hui. Certains facteurs freinent le rattrapage. L'afflux de papier sur le marché, du fait de mouvement de privatisation, en est un. Le niveau des valorisations, déjà très élevé, en est un autre. La Bourse de Varsovie évolue dans des sphères bien plus onéreuses que celles des pays d'Europe occidentale. Les blue chips du WIG 20 se négocient d'ores et déjà avec une prime de 20 % par rapport au DJ Stoxx 50, avec des multiples de valorisation respectifs de 12,3 fois contre 10,6. Dans certains secteurs, l'écart est plus flagrant encore. Celui des banques, notamment, dont les multiples capitalisation boursière sur actif net peuvent atteindre le double de ceux des banques occidentales.

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