Les institutionnels friands de dette émergente

Depuis la dernière intervention de la Fed aux Etats-Unis, le rythme des émissions a quelque peu ralenti sur le marché de la dette émergente. Surtout du côté des entreprises, les Etats ayant de toute façon considérablement réduit leurs émissions. « De 6 à 7 émissions d'entreprise par semaine durant l'été et au début de l'automne, le nombre a été réduit de moitié au cours des dix derniers jours », rappelle un gérant chez UBP à Genève. Cela étant, ce ralentissement ne modifie en rien la tendance générale de l'année 2010 qui restera dans les annales comme celle de l'accélération des flux sur cette classe d'actifs qui, bien qu'encore très étroite en taille, a également gagné en profondeur. Sur l'ensemble de l'année, les flux de capitaux sur la dette émergente globale devraient vraisemblablement atteindre 75 milliards de dollars, pour 140 milliards de dollars en termes d'émissions. « Il s'agit de flux structurels », explique Pierre-Yves Bareau, responsable de la gestion dette émergente chez JP Morgan à Londres. Cette année, rappelle-t-il, « l'exposition des fonds de pension est passée de 0 à 2 % sur cette classe d'actifs ». De fait, ce mouvement est essentiellement mené par les institutionnels qui, après être sortis de ce marché en 2008, sont graduellement revenus depuis le printemps dernier. Les fonds de pension nordiques et néerlandais sont d'ailleurs pour certains déjà exposés à plus de 15 % sur ce créneau. Et envisagent de pousser encore un peu plus loin. frénésie« Pour l'heure, les discussions que nous avons avec de gros clients laissent penser qu'ils veulent encore accroître leur exposition au cours des prochains mois », poursuit-on chez UBP. « À voir. On ne sait jamais. Le risque de voir le scénario du troisième trimestre 2008 est toujours là. »Malgré la frénésie qu'il a connu ces derniers mois, et les performances affichées cette année (+ 16,8 % pour la dette émergente contre + 9,5 % pour les actions émergentes), les investisseurs ne veulent pour l'heure pas croire à la formation d'une bulle sur cette classe d'actifs. C'est du moins l'avis de l'équipe de JP Morgan. L'univers des sociétés émergentes en « catégorie investissement » a beau présenter un taux de défaut relativement proche de celui de leurs pairs américaines, soit 1,8 contre 2 %, il continue de présenter des spreads - écarts de taux - attrayants, de l'ordre de 131 points de base plus élevés », explique-t-on au sein de la banque américaine.Marjorie Bertouille

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