Le bloc-notes de Stéphane Soumier

STRONG>Forages en profondeurEst-ce que vous avez la capacité de vous passionner pour un tube d'acier ? Parce que le patron de Vallourec vous les raconte comme un roman, roman d'une croissance invraisemblable, celle de l'énergie « non conventionnelle ». C'est ma découverte de la semaine. Des poches de gaz enfermées dans les roches, exactement au coeur des schistes et qu'on arrive à extraire maintenant, en partie grâce à la résistance des tubes Vallourec. Ne rigolez pas ! L'histoire à elle seule fait passer de trente à cent ans de consommation les réserves de gaz aux États-Unis ! Et ces tubes doivent être capables de résister à la poussée du forage, mais aussi de se courber au bon moment pour continuer à avancer de manière horizontale... Bref, c'est de la technologie de pointe, des centres de recherche en France travaillent sur les alliages nécessaires à ces exploits sidérurgiques, et si je vous raconte ça, c'est qu'il m'a semblé que c'était une image industrielle qui venait faire un parfait contrepoint à la semaine traversée par Total. Christophe de Margerie lui-même ne semblait pas en revenir, mercredi soir à la télé : « Je voudrais que vous compreniez bien la portée de ce que l'on annonce, c'est du jamais-vu pour une société industrielle que de garantir à ses salariés que rien ne va bouger pendant cinq ans. » Voilà l'engagement que venait de prendre Total sur le raffinage, invraisemblable évidemment quand on voit la violence avec laquelle nos comportements sont en train de bouger (l'industrie automobile allemande ne s'est engagée que sur une « garantie d'emploi », sur deux ans, et en échange d'un gel des salaires).« C'est du jamais-vu », effectivement. Ça n'existe qu'en France, où l'on a décidemment tant de mal à laisser s'éteindre le monde d'hier, pour aller chercher les « croissances non conventionnelles », enfermées dans les schistes épais des habitudes et du clientélisme politique. NatixisNon, ça ne se calme pas. Le nom de cette banque est un accélérateur de connexion Internet. Tenez, dans la grande bataille du référencement, j'ai une idée en or pour propulser votre boite au sommet de la liste : essayez de coller Natixis quelque part dans la raison sociale (d'accord, c'est un défi de taille), vous en constaterez l'effet immédiat. J'ai reçu un nouveau torrent d'e-mails et de réactions au moment de la publication des résultats en fin de semaine. Dans le lot, des salariés des Banques Populaires (du moins qui se présentent comme tels) qui veulent se « confesser », dire qu'ils ont été incités, « avec primes et reporting quotidien, à vendre du Natixis à des épargnants qui n'avaient pas la moindre idée de ce que pouvait être une banque de gros, qui nous regardaient comme on regarde un médecin de famille, en toute confiance », m'écrira Bancarevoluçion (pseudo Internet). À tel point que je demande à Laurent Mignon, le nouveau patron de la banque, si l'urgence n'est pas d'en changer le nom : « Pourquoi faire ? répond-il, nous venons d'attirer l'un des talents de la Société Généralecute; Générale. » Une prise de guerre qu'il juge beaucoup plus importante pour la confiance, qu'un effet cosmétique.Sous tensionUne phrase clé, cette semaine ? Je retiens celle de Stéphane Richard : « Il n'y a pas d'opposition entre la performance économique et la refondation sociale, nos équipes se sont mobilisées comme jamais en décembre et nous signons des résultats commerciaux record. » Le patron de Rhodia me dira la même chose, impressionné par la qualité de mobilisation de ses équipes. Tiendront-ils le choc d'une troisième année ? Je sais que c'est la question qui hante beaucoup d'entre vous.

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