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Cinzia Alcidi: "En réalité, il n'y a pas de vrai plan d'aide européen"

La Tribune

Publié le 26 mars 2010 à 23:28 - Mis à jour le 26 mars 2010 à 23:28

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STRONG>L'accord scellé jeudi soir par les dirigeants de la zone euro répond-il au problème de financement grec ?C'est déjà une bonne nouvelle qu'il y ait un accord. On n'en était pas si sûrs il y a quelques jours. Mais quand on se penche sur les détails, il est clair que l'objectif est de calmer les marchés, de faire en sorte que le taux payé par la Grèce pour emprunter diminue un peu et qu'il soit plus facile pour elle de résoudre son problème seule. C'était la volonté de l'Allemagne d'en rester là. En réalité, il n'y a pas de plan d'action structuré et détaillé.La déclaration donne tout de même quelques précisions...Pas vraiment, mis à part le fait que le Fonds monétaire international interviendrait pour environ un tiers et les Etats membres pour deux tiers. Nous avons fait une simulation en extrapolant le cas de l'Islande à laquelle le FMI a prêté à hauteur de 12 fois sa quote-part dans le fonds. Dans le cas de la Grèce, dont la quote-part est légèrement inférieure à 1 milliard, on aurait donc une aide du Fonds d'environ 10 milliards. Cela ramène les prêts bilatéraux des Etats européens à 20 milliards, dont, si l'on tient compte de la répartition des parts au capital de la BCE, 5 milliards pour l'Allemagne et 4 pour la France.Comment faut-il comprendre la condition dite d'"ultima ratio" exigée par Berlin ?La Commission et la Banque centrale européennes devront donner leur opinion sur les paramètres de déclenchement de l'aide. Mais il semble que cela soit dans une situation de quasi-faillite de l'Etat qu'ils puissent être remplis. Une défaillance de la Grèce est-elle vraisemblable ?Il faut voir si l'accord calme les marchés. Si la baisse du spread (écart entre les taux des emprunts à 10 greces et celui des Bunds allemands, la référence) amorcée vendredi se poursuit, c'est évidemment encourageant. A moyen terme, il faut voir si la dette grecque, qui est considérable, est soutenable. L'idéal serait de parvenir à ramener le taux d'emprunt à 4%, soit pratiquement 2,5% de moins qu'aujourd'hui. Mais la conclusion à tirer de l'accord de jeudi est bien que, sauf évènement tragique en Grèce, il n'y aura pas d'intervention des pays de l'Union européenne. En définitive, la position allemande n'a pas du tout évolué entre avant et après le sommet. Dans votre proposition de Fonds monétaire européen, vous proposiez de pratiquer en cas d'intervention des dépréciations de la valeur des obligations détenues par les créanciers de la Grèce, notamment les banques commerciales. L'accord de jeudi est muet sur point. Le FMI et les Etats européens devraient-ils faire supporter aux banques une partie du risque souverain ?Le FMI le fait déjà. Nous pensons effectivement que c'est crucial. Aborder cette question, c'est reconnaître la possibilité qu'un Etat fasse défaut et accepter de considérer les conséquences sur ses créanciers. C'est une erreur de nier cette éventualité.

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