Finance  : taxer et interdire...

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Et si l'Allemagne avait raison ? Si le projet de taxe sur les banques, défendu mercredi à Bruxelles, était indissociable de la limitation, voire de l'interdiction de certaines pratiques financières, comme le fait Berlin avec les ventes à découvert ? S'il s'agissait bien de deux volets d'une même politique ? On peut comprendre les motivations d'une taxe sur les banques. Il s'agit, en Europe, d'éviter que les États, donc les contribuables, ne soient à nouveau contraints de voler au secours des banques. Voire, comme aux États-Unis, de les obliger à rembourser jusqu'au « dernier cent » les milliards qui leur ont été apportés. Mais on peut aussi entendre les récriminations des établissements financiers qui tonnent publiquement contre une mesure qui pèsera sur le financement de l'économie et... pestent plus discrètement contre une charge qui introduira une nouvelle distorsion de concurrence. Taxer les seules banques, après avoir encadré leurs bonus, c'est amoindrir leur rentabilité, c'est les chausser de semelles de plomb face aux autres acteurs de la finance, notamment les fonds d'investissement ou d'arbitrage, où iront se réfugier les équipes les plus brillantes et l'innovation financière. Alors, si l'on se refuse à taxer toute la finance, ou toutes les transactions financières, si l'on estime que les profits de ce secteur d'activité sont indécents (comparés à ceux des autres), injustifiés (faute de réelle utilité sociale) et nuisibles (parce que l'argument de la liquidité des marchés n'est qu'une faribole mise en avant pour justifier l'enrichissement des opérateurs), il ne reste, pour rétablir un peu d'équité, que l'arme de l'interdiction des pratiques les plus spéculatives. C'est, d'une certaine façon, le message de l'Allemagne. pagay@latribune.frPierre- angel gay

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