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À Davos, la quête d'un nouveau capitalisme régulé

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Publié le 27 janvier 2010 à 22:47 - Mis à jour le 27 janvier 2010 à 22:47

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Voilà deux jours que la société davossienne en parlait avec gourmandise : quel coup fumant préparait donc Nicolas Sarkozy, pour être le premier président français à s'exprimer devant le forum économique mondial ? La grande salle du Palais des congrès était littéralement bondée lorsque le locataire de l'Élysée a fait son entrée sur scène, lancé par les compliments comme toujours excessifs de Klaus Schwab. « Pendant la crise financière, le chef de l'État français a fait preuve d'un courage, d'une créativité et d'une détermination rares », a ainsi déclaré l'organisateur du sommet.« Je ne suis pas venu pour donner des leçons à quiconque, mais pour vous dire que nous devons tirer ensemble des leçons de la crise. Cette crise, nous en sommes tous responsables », a débuté Nicolas Sarkozy. « Ce n'est pas une crise mondiale, ce n'est pas une crise dans la mondialisation, c'est une crise de la mondialisation », a-t-il poursuivi, avant de se lancer dans l'inventaire des erreurs que le monde a commises en « dénaturant le capitalisme ». Inventaire désormais habituel dans la rhétorique sarkozyenne, inspirée par son conseiller spécial et sa « plume », Henri Guaino : la rente privilégiée sur le travail, la finance sur l'entreprise, le présent sur l'avenir. Manifestement, le discours est désormais bien rodé, et il ne manquait pas de panache.Nicolas Sarkozy s'est ensuite attaché aux solutions, qui « ne sont pas l'affaire des experts » ? le mot a un peu interloqué l'assistance, composée en large partie d'experts. « Nous sauverons le capitalisme en le refondant, en le moralisant », a-t-il expliqué, avant de pourfendre rémunérations et profits excessifs, des « comportements indécents qui ne seront plus tolérés par l'opinion publique dans aucun pays au monde ». S'écartant un temps de son discours, le président a alors affirmé qu'il avait « souhaité la démission » du président d'une banque française, allusion à Daniel Bouton, l'ex-PDG de la Société Généralecute; Générale, lors de l'affaire Kerviel.mise en gardeÀ propos du G20, il a lancé une mise en garde, en enjoignant aux États de mettre en oeuvre les décisions prises, pointant le risque de voir cette jeune institution de gouvernance mondiale d'être décrédibilisée. Sarkozy a alors égrené, comme un expert, justement, la liste des dispositions financières techniques à adopter : les normes comptables, problème « absolument crucial », les règles prudentielles de concurrence, la définition internationale des fonds propres? Un vrai cours de finance, ponctué d'un avertissement : « Nous n'échapperons pas au débat sur la taxation de la spéculation. » L'échine des quelques banquiers présents a dû frissonner? Ils n'avaient pourtant encore rien entendu, l'autre question importante étant : « Quel rôle doivent jouer les banques dans l'économie ? » « Leur métier, a tranché le président, c'est d'analyser le risque de crédit, pas de spéculer. » Du reste, si la crise est arrivée, c'est « parce que les banques ne faisaient plus leur métier ».Point d'orgue, Nicolas Sarkozy a annoncé que la France, qui présidera le G7 et le G20 en 2011, inscrira à l'ordre du jour la réforme du système monétaire international, pour organiser le fameux « nouveau Bretton Woods ». Et il a conclu sur une belle idée : « La grande leçon [de la crise], c'est que demain il faudra de nouveau compter avec les citoyens, dans tous nos pays. »Mesuré à l'applaudimètre de Davos, ce discours de qualité n'a obtenu qu'un score moyen, bien plus faible que celui qu'avaient connu, en leur temps, Clinton ou Blair. Sarkozy a semblé en prendre ombrage, en soulignant lui-même que peu de gens se levaient pour la standing ovation ? en réalité, seuls les Français et quelques Sud-Américains se sont ainsi distingués.

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