La crise modère la hausse des péages autoroutiers

L'Association des sociétés françaises d'autoroutes (Asfa) a insisté mercredi sur le fait que les péages autoroutiers augmenteront de « moins de 1 % » cette année, la moyenne pondérée devant être de l'ordre de 0,5 %. C'est là un effet tout mécanique de l'application des contrats de concession ou contrats de plan des concessionnaires qui prévoient que les péages sont indexés sur 70 %, voire sur 85 % de l'inflation. « L'inflation ayant été extrêmement faible en 2009, l'augmentation devrait être limitée en 2010 aux pourcentages liés aux investissements », a indiqué Jean-François Roverato, le président de l'Asfa. En temps de crise, une hausse plus importante aurait été, au demeurant, difficile à faire passer auprès de l'opinion publique et plus encore des transporteurs routiers. Dans certains cas, la modération est liée aussi au fait que l'État a récupéré, conformément aux recommandations de la Cour des comptes, des excès de recettes qu'avaient perçus les sociétés par le passé.En tout état de cause, les péages de Sanef et de SAPN n'augmenteront pas. Sous réserve de l'accord de l'État, ASF, Cofiroute et Escota devraient voir les leurs croître respectivement de 0,8 %, 0,4 % et 0,9 % pour les véhicules légers, et ceux d'APRR et Area de 0,5 %. Cette année, pour une raison de lisibilité, les nouveaux tarifs entrent tous en vigueur au même moment, le 1er février.le secteur résisteLe secteur autoroutier, qui pèse 9 milliards d'euros de chiffre d'affaires, dont plus de 3 milliards reviennent à l'État sous forme d'impôts ou de taxes, n'a pas échappé au retournement économique. Le trafic des poids lourds, qui pèse 30 % du chiffre d'affaires global, a chuté de 11 % par rapport à 2008. Celui des véhicules légers s'est tenu (+ 3,5 %). Au final, la croissance est de 1,2 %. « Le secteur résiste mais a perdu en sex-appeal, estime un banquier : le décrochage enregistré en 2009 ne se rattrapera probablement jamais, alors que les concessions sont à durée déterminée [jusqu'en 2027 à 2032, Ndlr]. Le refinancement des sociétés d'autoroutes est aussi plus compliqué qu'avant la crise. »Côté investissements, les concessionnaires restent au rendez-vous : ils promettent d'engager 2 milliards d'euros en 2010 auxquels viendra s'ajouter 1 milliard sur trois ans pour « verdir » leurs réseaux. La généralisation progressive du péage sans arrêt, qui permet de limiter les émissions de CO2, mais implique la substitution de certains personnels par des machines, se fera, assure Jean-François Roverato, « sans licenciement ni mutation contrainte ».

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