La communauté internationale prête à dialoguer avec les talibans

Une perte de temps. » Les talibans n'ont pas tardé à faire connaître leur position mercredi à la veille d'une conférence sur l'Afghanistan qui se tient ce jeudi à Londres. Ce conclave, qui réunit plus de soixante-dix ministres des Affaires étrangères, dont l'Américaine Hillary Clinton, n'est ni une réunion de donateurs, ni une discussion de stratégie militaire. « C'est une conférence politique, portant sur les engagements de Hamid Karzai », le président afghan, explique une source au Foreign Office britannique. C'est aussi une réunion de la dernière chance pour sortir le pays du cycle actuel de violences, avec à l'ordre du jour la réconciliation avec les talibans. Pour le président Hamid Karzai, fortement discrédité auprès de ses alliés occidentaux du fait de l'ambiguïté de son mode de gouvernement, le rendez-vous de Londres doit permettre de présenter les détails de son plan d'intégration de ces religieux fondamentalistes dans la vie civile et les institutions du pays. Et d'obtenir l'appui de la communauté internationale qui a pourtant longtemps rejeté cette politique de la main tendue vers les ennemis d'hier.opérations kamikazesAprès neuf ans de présence sur le terrain, la coalition militaire internationale est confrontée à une situation largement dégradée comme en témoigne la multiplication des opérations kamikazes inconnues, un phénomène nouveau. Même s'il a annoncé, le 1er décembre, l'envoi de 30.000 soldats supplémentaires en Afghanistan (portant le contingent américain à 100.000 hommes), le président Obama a bien perçu les limites d'une approche exclusivement militaire. De même que la chancelière allemande, Angela Merkel, qui, tout en annonçant le renfort de 500 soldats (en plus des 4.500 déjà sur place), s'est fixé 2011 comme horizon pour amorcer un retrait d'Afghanistan, trois ans avant l'échéance envisagée pour que le gouvernement afghan assure par ses propres moyens la sécurité dans le pays.Aujourd'hui, l'Occident n'a guère d'autre choix que de se rallier à la voie du dialogue avec les insurgés. Pour assurer l'intégration des talibans, le président afghan aura besoin d'un appui financier. Il faudra bien trouver des incitations sous formes de terres, d'emplois ou de protections pour que les insurgés d'hier changent de camp, a admis le ministre afghan des Finances, Omar Zakhilwal.Berlin a proposé de doubler son aide à la reconstruction à 430 millions d'euros. Mardi, la communauté internationale a annoncé l'effacement de 1,6 milliard de dettes.

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