Le règne de quarante ans

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La vague révolutionnaire ne semble pas prête à s'arrêter dans le monde arabe. Ces derniers jours, le régime du président syrien Bachar al-Assad a été secoué par de vives manifestations. Elles avaient commencé au sud du pays dans la ville de Darra, à quelques encablures de la Jordanie, pour protester contre l'arrestation d'enfants ayant écrit des graffitis sur les murs, se sont entre-temps étendues à plusieurs villes syriennes. Du plus grand port du pays (pour les containers), de Lattaquié à la capitale Damas en passant par Homs ou Hama (où le pouvoir écrasa dans le sang une révolte des Frères musulmans en 1982), la contestation du régime du parti Baas a provoqué une vive répression, faisant plusieurs dizaines de morts. Ayant succédé à son père Hafez al-Assad il y a onze ans, Bachar al-Assad essaie de contenir la colère de ses concitoyens. Sa conseillère Boussaina Chaabane a annoncé dimanche que l'état d'urgence, en vigueur depuis le coup d'État du parti Baas en 1963, doit être prochainement levé. Cette « loi d'urgence » limite fortement la possibilité de rassemblements publics et permet l'arrestation sans justification « de personnes menaçant la sécurité ». Les manifestants syriens avancent aussi des revendications économiques. En Syrie, tout comme en Tunisie ou en Algérie, l'incapacité de l'économie de créer assez d'emplois pour satisfaire la demande de travail d'une population en croissance rapide est un des facteurs de protestation. Les trois quarts des 20 millions de Syriens ont moins de 35 ans et près de 40 % de la population sont des enfants. Toujours sujette à des sanctions de la part des États-Unis, l'économie syrienne est aussi confrontée au prochain épuisement de ses réserves en pétrole. Or, le secteur pétrolier représente 20 % de son PIB et la moitié des recettes de l'État. Au Maghreb, l'avancée des rebelles libyens contre les forces du colonel Kadhafi s'est poursuivie ce week-end : ils ont repris le terminal pétrolier de Ras Lanouf et se dirigent sur Syrte, la ville natale de Kadhafi.Frank Paul Webe

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