Henri Proglio, indéchiffrable capitaine d'industrie
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ortrait expressPlutôt taciturne et secret, Henri Proglio peut tout aussi bien tenir un auditoire en haleine en livrant, larges sourires à l'appui, sa vision inspirée des conséquences de l'urbanisation galopante de la planète. Cette dualité se retrouve dans la stratégie qu'il déploie depuis 2000 à la tête de l'ex-Compagnie Générale des Eaux, à l'époque la branche environnement de Vivendi. Après l'avoir sauvée d'une vente que souhaitait Jean-Marie Messier, le PDG de Vivendi, pour financer sa diversification audacieuse dans les médias, Henri Proglio a obstinément suivi son idée?: construire un géant mondial en dopant sa croissance grâce à la dette. stratègeCôté face, il n'a pas dévié de cette ligne, quitte à faire s'arracher les cheveux aux argentiers du groupe. Côté pile, en coulisse, il ne cessait d'imaginer un plus vaste destin pour Veolia, sans hésiter à choquer l'establishment économique. Début 2006, avec l'aide d'Alain Minc, il propose à l'électricien italien Enel, tenté par un raid sur Suez (Lyonnaise des Eaux), de récupérer les activités environnement de son ennemi de toujours. Et quelques mois plus tard, son projet de mariage avec Vinci, dévoilé par la presse, sème la panique chez le géant du BTP.Proche de Jacques Chirac, Henri Proglio, 60 ans, diplômé d'HEC, a su se faire un allié de Nicolas Sarkozy, notamment en supprimant cet été tous ses contrats avec l'avocat Dominique de Villepin. À l'automne 2005, il avait cependant volé au secours de ce dernier, en acceptant de venir au capital de la SNCM, en pleine tourmente. M.-C. L.
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