Les superprofits embarrassants pour les pétroliers américains

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C'est le retour des superprofits pour les groupes pétroliers américains. Profitant de la flambée des cours du brut, Exxon Mobil a fait état jeudi d'un bond de 69 % de son bénéfice net au premier trimestre, à 10,7 milliards de dollars. Avec les 3 milliards de profits déjà annoncés par ConocoPhillips et les 6 milliards que devrait publier ce vendredi Chevron, les trois géants américains partent sur les mêmes bases qu'en 2008, l'année de tous les records. Sur l'ensemble de l'exercice, leurs bénéfices cumulés sont attendus à 77 milliards de dollars par les analystes. 26 % de plus qu'en 2010 mais moins que les 85,6 milliards engrangés (en excluant une charge exceptionnelle dans les comptes du quatrième trimestre de Conoco) il y a trois ans, lorsque le baril avait touché pendant l'été son plus haut niveau historique, à plus de 147 dollars. « Les grandes compagnies pétrolières n'ont pas seulement bénéficié de la hausse des prix du pétrole, indique Fadel Geight d'Oppenheimer. Elles ont également enregistré une amélioration de leurs marges dans le raffinage. » Et d'ajouter : « Elles ont en revanche subi un repli de leur production à base comparable en raison des restrictions sur les forages dans le golfe du Mexique, de l'impact des prix sur les volumes des contrats de partage ou encore des tensions en Libye », liste l'analyste.Opposition des RépublicainsLa publication de ces profits élevés intervient au moment où le prix de l'essence à la pompe suscite inquiétudes et polémiques outre-Atlantique. Depuis le début de l'année, il a progressé de plus de 50 cents par gallon (3,79 litres), pour atteindre la semaine dernière 3,88 dollars. Et il ne devrait plus tarder à dépasser la barre symbolique des 4 dollars. En difficulté dans les sondages, Barack Obama a décidé de passer à l'offensive, en réclamant la suppression immédiate de tous les avantages fiscaux « injustifiés » accordés aux grands groupes pétroliers. Plus de 4 milliards de dollars par an que le président américain préfère dépenser dans le développement des énergies alternatives. Cette volonté devrait cependant être contrariée par les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants, qui estiment que cette décision déboucherait in fine sur une nouvelle hausse des prix à la pompe. Ils militent au contraire pour l'autorisation de nouveaux forages en eaux profondes, afin de renforcer la production nationale et de réduire la dépendance énergétique des États-Unis. « 98,5 % du capital des groupes pétroliers américains est détenu par des actionnaires américains », rappelle toutefois Rayola Dougher de l'American Petroleum Institute, une association regroupant près de 500 compagnies pétrolières et gazières. « Au final, leurs bénéfices profitent à des dizaines de millions d'Américains. » Un message difficile à faire admettre et à défendre quand 70 % de la population estime que la hausse des prix de l'essence la place en difficultés financières. Jérôme Marin, à New York

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