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« Il faut trois grands pôles universitaires à Paris »

La Tribune

Publié le 28 septembre 2009 à 23:43 - Mis à jour le 28 septembre 2009 à 23:43

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Vous avez promis une rentrée sereine mais certains syndicats estiment que les tensions restent fortes. Cela vous inquiète ?J'ai dit que les conditions me semblaient réunies pour une rentrée sereine. La réforme est en marche. Je serai très attentive à ce que cela se fasse le plus sereinement possible. Tous les sujets ne sont pas épuisés, c'est évident. La réforme de la formation des maîtres est sur les rails ; elle suscite un certain nombre de craintes et de questionnements. Je connais très bien la complexité de cette réforme qui est le préalable à la revalorisation des carrières des enseignants du premier et du second degré. Mais j'aimerais que l'on n'oublie pas les bonnes nouvelles. Tout d'abord, en trois ans, nous avons ouvert 30.000 chambres dans le parc Crous, dont 12.000 cette année. Nous atteignons pour la première fois les objectifs du plan Anciaux et nous allons continuer en 2010. Nous avons aussi introduit la colocation dans le parc HLM avec la loi Boutin, nous travaillons sur les logements modulaires comme il en existe aux Pays-Bas ou en Estonie et, après Arras et Sourdun, nous avons six projets de réhabilitation de casernes. Quant aux bourses, elles ont été augmentées de 1,5 % dans un contexte d'inflation négative et le nombre de bénéficiaires a progressé de 10 %. C'est un effort sans précédent. Et cela avant même que le président de la République ne dévoile son plan jeunesse aujourd'hui.La réforme du statut des enseignants-chercheurs vient d'entrer en vigueur. Il n'y a plus de contestation à redouter ?Le plan de revalorisation des carrières des enseignants-chercheurs et des chercheurs qui accompagne cette réforme prévoit le doublement de toutes les promotions de grades, de nouvelles primes d'excellence scientifique, l'augmentation considérable des primes de responsabilité pédagogique (jusqu'à 15.000 euros), le doublement des primes pour les chercheurs qui enseignent et une augmentation de 20 % de l'enveloppe de primes pour les personnels. Et toutes les universités devenues autonomes ont obtenu une enveloppe de primes majorée de 10 % pour tous leurs personnels. À cela s'ajoute le contrat doctoral qui permet enfin de reconnaître le doctorat comme une expérience professionnelle. En prenant en compte les années doctorales et post-doctorales des jeunes maîtres de conférences recrutés en 2008-2009, nous faisons progresser leurs salaires entre 12 % et 25 %. Désormais, un jeune maître de conférences démarre à un salaire de 2.340 euros brut minimum. À une époque, on recrutait les docteurs à 1.500 euros. Enfin, je rappelle qu'il n'y aura pas de suppressions de postes dans l'enseignement supérieur et la recherche.Votre budget est en augmentation et vous avez largement bénéficié du plan de relance. Mais les étudiants français restent moins bien lotis que dans la plupart des grands pays industrialisés?Il y avait un réel retard de l'investissement de l'État dans l'université. En 2007, la dépense annuelle par étudiant était de 7.200 euros, contre 10.000 euros par lycéen. C'est un déséquilibre inacceptable pour un pays développé. En 2009, nous atteignons 9.132 euros par étudiant. L'objectif est d'arriver à au moins 10.500 euros d'ici à 2012. Depuis 2007, les moyens dédiés à l'enseignement supérieur et à la recherche augmentent de 1,8 milliard d'euros par an. Et en 2009, grâce au plan de relance, s'y ajoutent 730 millions d'euros. Nous sommes aujourd'hui dans une logique de rattrapage : c'est donc le contraire de ce que craignent les adversaires de l'autonomie, puisque celle-ci s'accompagne d'un engagement financier massif de l'État pour ses étudiants. Pour preuve, nous venons de transmettre à toutes les universités leur budget consolidé avec les dotations d'État. En moyenne, l'année dernière, leur budget de fonctionnement et d'investissement a augmenté de 20 %, hors plan Campus.Dix-huit universités ont accédé à l'autonomie au début de l'année. Mais certains présidents se plaignent d'être trop contrôlés et demandent une refonte du système d'allocation des moyens?Demandez-vous plutôt pourquoi 33 universités supplémentaires ont demandé et obtenu l'autonomie pour 2010 ! C'est que le bouche-à-oreille a été bon? Cela dit, certains établissements ont eu besoin d'être accompagnés par l'administration au démarrage. Développer le contrôle de gestion, la gestion des ressources humaines, maîtriser sa masse salariale, cela ne s'apprend pas du jour au lendemain. Je ne vais pas laisser des établissements publics gérer plusieurs centaines de millions d'euros de budget transférées sans contrôle solide. Pour l'instant, aucun « bogue » n'est à déplorer. La plupart des universités découvrent même de nouvelles marges de man?uvre après que je leur ai rappelé qu'elles peuvent disposer librement de tous les moyens du plan licence dès lors qu'elles remplissent leurs objectifs, et qu'une enveloppe de primes de 10 % supplémentaire allait leur être allouée. Quant au système d'allocation des moyens, nous allons le corriger à la marge. Mais le modèle est bon car il prend en compte la réalité de l'activité de l'université [le nombre d'étudiants présents aux examens, etc.] et ses performances.Vous venez d'annoncer 700 millions d'euros de dotations pour les campus parisiens, dont les contours ne sont toujours pas connus. Ou en est la mission que vous avez confiée à ce sujet à Bernard Larrouturou ?En Île-de-France, sur la période 2007-2013, l'État va dépenser 4 milliards d'euros en immobilier (logement étudiant, projets Saclay et Condorcet, Jussieu, Tolbiac, Clignancourt, rénovation de la Sorbonne, d'Assas, de la bibliothèque Sainte-Geneviève?), dont 700 millions dans le cadre de l'opération campus de Paris. Celle-ci a vocation à développer des structures interuniversitaires communes et à doter en capital les futures universités confédérales parisiennes et que l'on nomme des Pres [pôles de recherche et d'enseignement supérieur]. Que voulons-nous faire à Paris ? Un schéma directeur immobilier qui ait du sens en matière pédagogique et scientifique et qui soit le catalyseur de rapprochements ou d'alliances entre universités et grandes écoles parce que le paysage à Paris est trop morcelé et trop clairsemé entre les disciplines. L'idéal serait d'avoir trois grands pôles universitaires. L'Île-de-France compte environ 550.000 étudiants, dont 300.000 à Paris. Le critère retenu est de 3.000 à 6.000 doctorants par pôle. Au-dessus de 6.000 doctorants, nous ne sommes plus dans les critères internationaux.La recomposition du paysage universitaire parisien entraînera-t-elle des cessions immobilières ?Bernard Larrouturou travaille avec les universités sur un certain nombre de projets immobiliers prioritaires, que nous voulons réaliser en concertation notamment avec la région et la ville. L'objectif est de passer de près de 120 sites immobiliers à une quarantaine et que chaque université se dote d'un schéma directeur immobilier avant d'obtenir la dévolution de son patrimoine qui est la deuxième étape de l'autonomie. Mais je tiens à ce qu'aucun bâtiment de prestige à vocation universitaire situé dans Paris ne perde cette vocation. Au contraire, j'aimerais récupérer certains bâtiments, notamment ceux des écoles qui partent sur Saclay ou Aubervilliers. Cette redistribution va nous permettre de donner de la cohérence.La règle du non-cumul des mandats remet-elle en cause votre stratégie de conquête en Île-de-France ?Aucunement. J'ai toujours dit depuis un an que ce combat régional est un défi supplémentaire et que, pour moi, et présider la région Île-de-France n'est pas compatible avec une fonction ministérielle. nL'objectif est de passer de près de 120 sites immobiliers à une quarantaine.Sur la réorganisation universitaire à ParisDésormais, un jeune maître de conférences démarre à un salaire de 2.340 euros brut minimum.Sur le statut des enseignants-chercheursEn 2007, la dépense annuelle par étudiant était de 7.200 euros en 2009, nous atteignons 9.132 euros.Sur l'effort financier de l'État

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