Médicaments : en Afrique, la contrebande prospère

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Menée dans seize pays africains cet été, l’opération douanière VICE GRIPS 2  a permis de saisir plus de 82 millions de doses de médicaments illicites pour un montant évalué à 40 millions de dollars. Parmi les médicaments saisis dans le cadre de ce coup de filet piloté par l’Organisation mondiale des douanes (OMD) en partenariat avec l’Institut de Recherche Anti-Contrefaçon de Médicaments (IRACM) entre le 11 et le 20 juillet, on peut citer des antipaludéens, des antiparasitaires, des antibiotiques, des sirops antitussifs ou encore des contraceptifs et des traitements contre la stérilité. Deux mois de préparation ont été nécessaires pour monter ce coup de filet.Les seize pays ayant participé à cette lutte contre la fraude sont l’Angola, le Bénin, le Cameroun, la République Démocratique du Congo, la République du Congo, la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Ghana, la Guinée, le Kenya, le Libéria, le Mozambique, le Nigéria, le Sénégal, la Tanzanie et le Togo. Cette \"chasse\" aurait-elle pu se prolonger ? \"Ce n\'était pas possible. Il faut qu\'il y ait un effet de surprise\", explique à La Tribune Christophe Zimmermann, le coordonnateur de la lutte anti-contrefaçon au sein de l\'OMD. Un nouvel outil à la disposition des douaniersDurant l’opération, les douaniers affectés aux contrôles ont eu recours à IPM (Interface Public Membre), un outil développé par l’OMD pour renforcer la capacité des fonctionnaires à identifier les produits contrefaisants en leur donnant accès à des informations clés fournies par les titulaires de droits. « L’opération, menée simultanément dans 16 grands ports maritimes de la côte Est et Ouest de l’Afrique durant une semaine du 11 au 20 juillet 2012, aura permis de saisir au total plus de 100 millions de produits contrefaits toute catégorie de produits confondue. Sur les 110 conteneurs maritimes inspectés par des équipes de fonctionnaires des douanes, 84 contenaient des produits contrefaisants ou illicites, l’Angola, le Togo, le Cameroun et le Ghana étant les pays où les saisies les plus importances ont été réalisées. La vaste majorité des cargaisons saisies provenait d’Asie de l’Est et du Sud ainsi que du Moyen-Orient », explique les deux institutions dans un communiqué. L’Opération VICE GRIPS sera étendue ces prochains mois à d’autres continents. \"Avant la fin de l\'année\", précise Christophe Zimmermann qui insiste sur la mission pédagogique de l\'OMD.Les règles de l\'OMC sont strictes\"Pour lutter contre ce trafic, qui permet le blanchiment d\'argent sale, nous avons dépêché une quarantaine d\'experts auprès des douaniers locaux pour leur rappeler les bonnes pratiques en matière de lutte contre la corruption\", déclare-t-il. Ne serait-il pas plus simple de lutter en aval, en empêchant l\'exportation de produits contrefaits. \"Chaque année, 24 millions de containers quittent le port de Shanghai. A l\'heure où je vous parle, 500 millions de containers se promènent à travers le monde. Il est impossible d contrôler toutes les cargaisons, malgré la bonne volonté des 175 pays membres de l\'OMD. Par ailleurs, je rappelle que les règles de l\'Organisation mondiale du commerce [OMC] interdisent les contrôles à l\'exportation. Seuls les contrôles à l\'importation sont autorisées\", poursuit Christophe Zimmermann. Les pays industrialisés ne sont pas épargnés par la contrefaçonLes pays africains ne sont pas les seuls touchés par ce phénomène. En Europe, les faux médicaments ont représenté 3 % des 103 millions de produits saisis en 2010 selon l\'UNIFAB, le syndicat des fabricants. En France, le phénomène reste marginal en raison du monopole pharmaceutique réservant la distribution de médicaments aux officines. Plus de 65.000 boîtes de médicaments contrefaits ont été collectées en 2011, sur 8,9 millions de produits saisis, tous secteurs confondus. En revanche, les consommateurs français sont exposés, comme dans les autres pays, au trafic de faux sur Internet. Plus de 50 % des médicaments achetés à travers le monde sur des sites en ligne qui dissimulent leur véritable adresse sont des contrefaçons, estime l\'Organisation mondiale de la santé (OMS).   

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