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Stella Kasaeva, la bonne fée de l'art russe contemporain

La Tribune

Publié le 28 novembre 2010 à 22:24 - Mis à jour le 28 novembre 2010 à 22:24

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04 juin 2026

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« Les diamants ne m'intéressent pas et je déteste le shopping, même chez Chanel ! » s'exclame sans détour Stella Kasaeva. Elle défie de fait bien des idées reçues. Russe, elle a les cheveux de jais. Riche, elle dépense sans compter, mais pour l'amour de l'art uniquement. Elle a grandi dans l'immensité glacée de Mourmansk, étudié l'économie à Moscou, mais c'est à Genève, avec un mari diplomate devenu homme d'affaires, que la jeune femme découvre l'art. Elle lit, s'informe, échange avec les plasticiens, et sent cette attirance particulière pour l'art qui ne l'a pas quittée depuis. « J'ai décidé de lancer une fondation », dit-elle comme une évidence. La Stella Art Foundation naît à Moscou en 2000. « Il n'y avait rien pour l'art contemporain », explique-t-elle encore. Première exposition - de Basquiat à Warhol - pour éduquer le public moscovite. Premier succès. « J'ai alors décidé de faire la même chose, à niveau de qualité égal, mais avec des artistes russes contemporains », raconte la mécène. Rares étaient ceux qui les connaissaient ! « À ma grande surprise, il en existait de nombreux. D'ailleurs, même du temps de l'URSS, ils étaient actifs. Sans succès commercial, sans même rien à manger, ils créaient ! » s'extasie Stella. Impressionnée par la qualité de la production de ses contemporains, elle sent également qu'elle a ce don - comme une intuition - pour détecter les talents, comprendre quelle oeuvre pourra défier le temps et trouver un jour sa place dans un musée. Mais pas question de devenir « marchande d'art ». Il n'y a pas assez de collectionneurs actuellement en Russie et, de toute façon, ce n'est pas son style... Elle veut plutôt faire passer les frontières aux oeuvres. Elle commence par Vienne, où elle lance un « dialogue de Renaissance ». Forte de cette première percée en Autriche, elle se lance à la conquête du reste de l'Europe. L'année France-Russie, en 2010, lui fournit l'occasion d'exposer un « Contrepoint russe » au Louvre. Elle aurait préféré une thématique précise, comme à Vienne. Mais, sans doute pour familiariser le public français, c'est une palette d'oeuvres - peintures, dessins, vidéos ou constructions, d'artistes contemporains de son pays, tels Avdeï Ter-Oganian, Erik Boulatov, le couple Ilya et Emilia Kabakov, Igor Makarevich, Elena Elagina et Pavel Pepperstein qui sont en vue. Elle vise désormais Venise, Londres, et bien sûr, New York. Le budget de la fondation - quelque 500.000 dollars annuels (dont 30 % provenant de sa fortune personnelle) - permet d'organiser deux à trois expositions par an. « Mais j'achète aussi des oeuvres, pour constituer ma propre collection », ajoute Stella. Des artistes russes contemporains, bien sûr, mais aussi américains ou européens. Avec un autre projet en vue, celui d'ouvrir un musée d'art contemporain à Moscou. « J'y ajouterai une dimension académique, car il n'y a pas assez d'éducation sur ce thème en Russie aujourd'hui », regrette la belle russe, même si elle y contribue déjà... Lysiane J. Baudu · « Contrepoint russe », au Louvre jusqu'au 31 janvier. www.louvre.f

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