Le risque de contagion pousse à accentuer la rigueur

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Le Portugal a beau avoir réussi à faire adopter sans encombre un budget d'une austérité historique, vendredi après-midi, et la Commission européenne avoir démenti qu'elle mettait, comme l'insinuait le « Financial Times Deutschland », le pays sous pression pour qu'il accepte une aide internationale, les professionnels des marchés n'en démordent pas. Pour eux, le Portugal serait bien le prochain pays à tomber, dans le jeu de massacre auquel ils se livrent depuis quelques semaines. Et après lui, cela pourrait être le tour de l'Espagne, puis de la Belgique, puis... qui encore ? L'Élysée a même dû affirmer dimanche que « la France n'est pas menacée » et que les taux de ses emprunts d'État avaient plutôt tendance à baisser, signe de confiance des marchés.Pourtant, des autorités portugaises au président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, en passant par le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría, tous ne cessent de clamer que la situation du Portugal est très différente de celle de l'Irlande « Le Portugal n'a pas connu l'éclatement d'une bulle immobilière, son secteur financier est proportionné à son économie et ses banques sont bien capitalisées », insiste Herman Van Rompuy. En outre, « le Portugal aura un déficit équivalant à seulement 4,6 % de son PIB l'an prochain, ce qui est plus faible que l'Allemagne, la France et l'Espagne », souligne Angel Gurría.Nouvelles réformesDe son côté, l'Espagne compte sur une rigueur budgétaire mise en place avant l'Irlande et le Portugal pour traverser la crise, et sur le fait que, contrairement à ces deux pays, elle vend la moitié de ses obligations à des investisseurs espagnols (les dettes portugaise et irlandaise sont détenues à 80 % par des étrangers). Et de toute façon, Madrid n'a pas besoin de faire appel au marché de capitaux avant avril prochain. Le chef du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero, a en conséquence écarté la perspective d'une demande d'aide internationale tout en se disant prêt à accélérer les réformes économiques, notamment celle des retraites (67 ans). Signe que la pression des marchés n'est pas près de disparaître. L. J. B.

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