Le turc Yildirim acquiert 20 % de CMA CGM

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Nous considérons cette transaction comme un levier de croissance. Nous comprenons leurs problématiques financières, leur management est familial, donc, assez proche du nôtre. » Justifiant les motivations du groupe turc Yildirim pour entrer au capital de CMA CGM, son PDG, Robert Yildirim, souligne les similitudes entre son entreprise et le numéro trois mondial du fret maritime. Pourtant, en 2009, les activités maritimes de l'industriel turc n'ont pesé que 103 millions de dollars - réalisés dans la construction nautique et la gestion de ports - sur un chiffre d'affaires de 553 millions de dollars. Car Yildirim demeure surtout un groupe minier. Les deux sociétés diffèrent aussi par leur taille : en 2009, les revenus de CMA CGM se sont élevés à 10,5 milliards de dollars.2e producteur de ferrochromeLeader mondial des minerais de chrome et deuxième producteur de ferrochrome à haut carbone, Yildirim vise une hausse de 41 %, à 146 millions de dollars de ses activités maritimes en 2010 contre un bond de 124 %, à 1 milliard de dollars de ses autres métiers : mines, ferroalliages, engrais, chimie, charbon et énergie. Pour 2010, Yildirim table sur un quasi-doublement de ses bénéfices à 302 millions de dollars. Mais il s'agit d'un retour de fortune pour un groupe qui a payé un lourd tribut à la crise : en 2009, ses revenus s'étaient effondrés de 54 %.L'arrivée de Yildirim dans le capital de CMA CGM satisfait le Fonds stratégique d'investissement (FSI). Comme Colony Capital, Qatar Holding et l'homme d'affaires belge Albert Frère avant lui, le fonds public a renoncé à investir dans CMA CGM, en dépit du redressement opéré par l'armateur et des propos tenus par son directeur général délégué, Rodolphe Saadé. Vendredi matin, soit au lendemain de l'annonce de l'injection de 500 millions de dollars par Yildirim dans CMA CGM pour acquérir 20 % de son capital, le responsable a déclaré que les pourparlers avec le FSI pourraient aboutir « à la fin de cette année ». Et Rodolphe Saadé, dont la famille conserve 80 % du capital et des droits de vote, d'évoquer une participation du FSI portant sur « 150 millions de dollars ». Quelques heures plus tard, une source proche du dossier démentait à « La Tribune » un tel projet, précisant qu'au terme d'un « an de travail, le FSI est heureux que la recapitalisation se soit réalisée ainsi ».Rodolphe Saadé, qui envisage la cotation de l'armateur d'ici à cinq ans, s'est engagé à « examiner les modalités de la gouvernance du groupe dans les semaines à venir ». En attendant, Yildirim, qui a démarré ses activités maritimes en 2000, occupera trois des dix sièges du conseil d'administration que préside toujours d'une main de fer le fondateur Jacques Saadé.

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