France, un malade pas si imaginaire

Quand on parle de la croissance française, l'adjectif « molle » n'est jamais loin. La révision à la baisse des chiffres d'activité nationale aux deuxième et troisième trimestres vient même renforcer cette tendance à l'apathie. Et ils sont nombreux les docteurs Diafoirus à avoir prescrit au malade potions et saignées à grand coup de rapports Attali ou de « point de croissance cherché avec les dents », selon l'expression de Nicolas Sarkozy. Les rapports ont été enterrés dès les premières polémiques. Et l'écart se fait grandissant sur tous les plans, activité, emploi, industrie, exportations, entre la France et l'Allemagne. La première aura bien du mal à atteindre les 2 % espérés l'an prochain quand sa voisine germanique, certes tombée dans une récession bien plus profonde pendant la crise, pourrait flirter avec les 2,5 %. Est-ce grave docteur ? À vivre au quotidien pas tant que ça. La résistance de la consommation dans notre pays en témoigne. Les chômeurs de longue durée, les jeunes qui ne trouvent pas d'emploi, les retraités à faibles revenus, les familles désargentées, les travailleurs à bas salaires seront évidemment d'un avis opposé et comment ne pas les comprendre. Mais la France n'est pas un pays qui s'effondre. Elle continue à attirer de nombreux investisseurs étrangers. Et ses grandes entreprises sont à la manoeuvre partout sur la planète, avec de petites retombées sur le sol français où elles peuvent ainsi maintenir des emplois. Les remèdes de poney, plutôt que de cheval, administrés à Marianne sont venus réduire les hémorragies de dépenses publiques sans encore se transformer en garrots qui couperaient les transfusions d'aides sociales, d'indemnisations chômage, d'assurance-maladie ou de pensions de retraite. Pour combien de temps ? Le risque, c'est celui d'une lente paupérisation qui verrait la portion de Français gagnant encore correctement leur vie se réduire tout en supportant toujours plus de prélèvements fiscaux.Cette maladie a un nom : elle s'appelle un cercle vicieux. oprovost@latribune.frPar Olivier Provost Directeur adjoint de la rédaction

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