« La concurrence du CNC est déloyale »

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jean mizrahi, président d'ymagisQuelle est votre activité??Nous fournissons à la fois le financement des projecteurs numériques, et le « tirage » de copies numériques. Dans notre modèle, l'exploitant de salles achète lui-même le projecteur numérique, mais se voit ensuite remboursé en moyenne de 80 % du coût par Ymagis, sous forme de versements de 600 à 900 euros par mois et par salle, effectués durant sept ans minimum. Ymagis reçoit ces sommes des distributeurs de films. En 2008, nous avons levé 6 millions d'euros auprès de deux fonds français, Odyssée et OTC, qui ont pris 49 % du capital. Acceptez-vous de financer toutes les salles??Notre modèle ne fonctionne pas avec les salles sans activité régulière, c'est-à-dire qui réalisent moins de 25.000 euros de recettes par an?: celles qui font moins de 5 projections par semaine, mais aussi les salles itinérantes. Cela représente près de 10 % des salles, mais seulement 1,6 % des entrées. Mais nous acceptons d'équiper toutes les autres salles. Que pensez-vous du fonds de mutualisation prévu par le CNC??L'intervention du CNC (Centre national du cinéma et de l'image animée) se fait uniquement à la demande de groupes de pression proches du CNC, qui ne veulent pas de financement par le privé. Mais elle est inutile, car les acteurs privés parviennent très bien à numériser la très grande majorité des salles. Le fonds du CNC serait en concurrence frontale et déloyale avec les financiers privés. Auprès d'un exploitant, il est impossible de rivaliser avec le CNC, autorité de tutelle qui verse chaque année aux exploitants moult subventions, et qui prévoit aussi de verser de manière discrétionnaire une aide spécifique pour la numérisation. Résultat?: depuis que le CNC a annoncé son fonds, nous n'avons pratiquement plus signé de contrat avec des salles indépendantes. Cette situation est intenable, et nous espérons donc beaucoup de l'avis que va rendre l'Autorité de la concurrence. N'est-ce pas le rôle de l'État d'aider les salles que le privé ne veut pas financer?? L'argent public doit servir à aider les salles les plus fragiles, pas à distordre la concurrence, ni à essayer de détruire l'initiative privée. Le fonds du CNC n'apporte rien, car le CNC a dit qu'il ne financerait pas, lui non plus, les petites salles que nous n'intégrons pas dans notre offre. Si le fonds du CNC intégrait ces petites salles, alors il serait forcément déficitaire, et perdrait, selon nos simulations, au moins 16 millions d'euros sur neuf ans. À moins, bien sûr, qu'il soit abondé par des subventions publiques. J. H.Pour un financier privé, il est impossible de rivaliser avec le Centre national du cinéma.

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