Finances personnelles : « Le crédit se supporte moins bien »

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\"Le crédit se supporte moins bien. Le poids des charges de remboursement devient plus lourd\", constate Michel Mouillart, professeur d\'économie à l\'université Paris Ouest. Il indique qu\'en 2012, 15.1% des ménages qui détiennent des crédits considèrent que leurs charges de remboursement sont trop ou beaucoup trop élevées (contre 14.3% en 2011 et 13.8% en 2010).Lors d\'une présentation à la Fédération bancaire française, il confirme que la loi Lagarde et le contexte économique entraînent des mouvements de désendettement ou de report de projets, plus que des souscriptions de nouveaux crédits.Ainsi, le taux de détention des crédits à la consommation s\'élève à 27.6% en 2012 (contre 35.4% en 2001). Du jamais vu depuis 1995, selon les dernières données de l\'Observatoire des crédits aux ménages. Et tous types de crédits confondus, le taux de détention atteint le point bas de 48.6% en 2012, jamais égalé depuis la création de l\'Observatoire en 1989.Une évolution des pratiquesLes pratiques ont également évolué. Les ménages utilisent de moins en moins le crédit pour financer l\'achat d\'une voiture (14.9% en 2012 contre 18.6% en 2001) ou un bien d\'équipement pour la maison (6.8% en 2012 contre 13% en 2001), mais davantage pour soutenir leurs dépenses de consommation courante.Sous l\'effet de la loi Lagarde, les ménages se sont par ailleurs détournés du crédit adossé aux cartes de magasin : en 2012, 5.8% des ménages y ont eu recours contre 13.6% en 2001. Quant à la souscription d\'un crédit à la consommation directement sur un lieu de vente, elle diminue depuis 2008, mais conserve le même niveau qu\'en 2011, avec 6.2% des prêts distribués par ce canal. Par contre, la souscription auprès des banques et des organismes de crédit ne cesse de diminuer, à 18.8% (contre 20.4% en 2011 ou 21.5% en 2001).Une phase de \"très net recul\"Au final, les intentions de souscription à l\'avenir ne sont guère plus brillantes. L\'Observatoire remarque qu\'en 2012, 4.1% des ménages envisageaient la souscription de nouveaux crédits immobiliers à l\'avenir, et 3.5% de nouveaux crédits à la consommation, soit les niveaux les plus bas depuis 2001. \"La demande n\'est pas prête de rebondir par elle-même et tout laisse à penser que le taux de détention des crédits fléchira encore\", estime Michel Mouillart. La loi Lagarde sur le crédit à la consommation, entrée en vigueur le 1er juillet 2010, n\'a pas été neutre sur la production de crédits. En septembre dernier, le rapport du cabinet Athling pour le Comité consultatif du secteur financier a d\'ailleurs relevé que depuis l\'entrée en vigueur de la loi, le nombre de comptes de crédits renouvelables a baissé de 5.3 millions, et que l\'impact de la loi coûterait environ 1.5 milliard d\'euros aux établissements de crédits sur la période 2011-2014. Il ajoute que \"ce marché est passé en l\'espace de quatre ans d\'une phase d\'expansion et de développement à une phase de repli, voire de très net recul\". Un scénario catastrophe ?Quant à une possible mort du crédit à la consommation, le même rapport affirme que \"ce scénario catastrophe aurait des conséquences néfastes tant sur l\'activité de la distribution et du commerce, que sur les effectifs des établissements de crédit spécialisés et sur l\'accès au crédit\".Dès lors, comment se comporteront les banques pour ne pas se priver d\'un pan important de leur business et de leurs salariés ? Leur lobbying suffira-t-il pour donner lieu à une réforme indolore pour les groupes bancaires et pour le porte-monnaie des ménages ? Dans quel sens leurs pratiques et leurs offres vont-elles évoluer pour attirer de nouveau les ménages ? Et comment ces derniers financeront-ils alors leurs besoins de consommation ? Réponse (peut-être) en avril, lors de la présentation du projet de loi sur la consommation par Benoît Hamon, qui souhaite en particulier \"un encadrement supplémentaire\" du crédit renouvelable. Pour aller plus loin:>>> Qui veut la peau du crédit conso?>>> Le 25ème rapport annuel de l\'Observatoire des crédits aux ménages 

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