Woerth dément liquider les « bijoux de famille »

Finances publiquesÉric Woerth n'a pas apprécié la manière dont Philippe Séguin a ranimé, hier matin sur Europe 1, les feux de la polémique sur le coût de la présidence française de l'Union européenne (PFUE), emboîtant le pas à la gauche. Un rapport de la Cour des comptes ? révélé par « La Tribune » le 19 octobre ? pointe particulièrement « l'aménagement exceptionnel » du Grand Palais à Paris à l'occasion du sommet de l'Union pour la Méditerranée du 13 juillet 2008. « dérives et erreurs »Ce seul sommet a coûté 16 millions des quelque 175 millions d'euros de la PFUE. Le Premier président de la Cour des comptes dénonce des « dérives et des erreurs » et regrette un épisode « pas très glorieux pour les finances publiques ». Philippe Séguin critique durement la politique immobilière de l'État. Selon lui, la France aurait pu éviter les dépenses liées à l'aménagement du Grand Palais si elle avait conservé le Centre des conférences internationales de l'avenue Kléber. Une analyse contestée par le ministre du Budget. « S'il a été nécessaire de faire des aménagements spécifiques au Grand Palais, c'est à cause de l'ampleur de l'événement (43 chefs d'État et de gouvernement, plus de 1.900 journalistes). Ce n'est nullement lié au fait que l'État a vendu, et bien vendu, le centre Kléber. Et ce, pour une raison toute simple : au moment du sommet de l'Union pour la Méditerranée, l'État utilisait encore le centre Kléber », explique, à « La Tribune », Éric Woerth. Et quand Philippe Séguin déclare : « C'est bien de liquider les bijoux de famille, de vendre à tout-va mais encore faut-il le faire à bon escient », le ministre du Budget s'agace. « C'est une conception dépassée de la protection des intérêts des Français. On ne liquide pas quand on vend au plus haut : on fait de bonnes affaires. Or, de 2005 à 2008, l'État a vendu pour près de 3 milliards d'euros d'actifs immobiliers. » Et d'ajouter : « On ne liquide pas ces bijoux de famille, on les protège. Nous avons de plus en plus d'immeubles inadaptés et qui deviennent inutiles, car nous réduisons le nombre de fonctionnaires et les surfaces. Que devrions-nous faire : garder des immeubles de valeur vides, les laisser se dégrader ? » Quant au coût global de la PFUE, le ministre rappelle que la Cour des comptes reconnaît que l'organisation a été meilleure que lors de la précédente présidence, sous le gouvernement Jospin. « Le coût de la présidence/habitant est bien inférieur en France (2,4 euros/habitant) par rapport aux autres pays (40 euros/habitant pour la Slovénie, 6,7 euros/habitant pour le Portugal) », conclut le ministre du Budget. Anne Eveno

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