Chypre : une concession de Berlin... en trompe l'oeil

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Une fois n\'est pas coutume, Berlin semble avoir cédé. Selon les informations du quotidien munichois Süddeutsche Zeitung, le gouvernement allemand serait finalement prêt à donner son feu vert à une aide à Chypre.Réticences allemandesJusqu\'à présent, deux positions divisaient l\'Europe. Berlin et ses alliés proches, néerlandais et finlandais, se refusaient à venir en aide au système bancaire chypriote, via le versement d\'une aide à Nicosie. Selon ces pays, Chypre est une plate-forme de blanchiment de l\'argent sale et le gouvernement de la république insulaire peine à réformer sa législation sociale et bancaire. De plus, Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, a défendu l\'idée qu\'une faillite de Chypre et des banques chypriotes serait de peu d\'impact.DangersA l\'inverse, les institutions européennes s\'inquiètent fortement d\'un défaut chypriote qui ne serait pas sans conséquence sur le secteur financier grec, où les banques de Chypre sont nombreuses. Les dépôts et les crédits des Grecs pourraient être mis en danger dans une économie hellène encore fragile. Par ailleurs, les Européens craignent qu\'un défaut chypriote donner un coup d\'arrêt au retour de la confiance dans la zone euro qui commence à poindre. Il pourrait ainsi ruiner la volonté de l\'Irlande et du Portugal de revenir sur les marchés. Selon Der Spiegel, Wolfgang Schäuble et Mario Draghi se sont violemment affrontés sur le sujet.ConcessionsBerlin pourrait donc céder, mais il est vrai que Nicosie a montré quelques signes de bonne volonté sur le sujet du blanchiment. Le ministre des Finances de Nicosie, Vassos Shiarly viendra rencontrer ce jeudi le nouveau chef de l\'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem pour confirmer son accord de laisser des experts indépendants vérifier le respect des règles anti-blanchiments.17 milliards d\'euros, ou moins ?Initialement, Nicosie demandait 17 milliards d\'euros d\'aide au MES, soit l\'équivalent. Mais la somme pourrait être revue à la baisse puisque les besoins du secteur bancaire européen seraient revus à la baisse de 10 à 8 milliards d\'euros et que Moscou pouvait accorder plus de délai pour le remboursement du prêt de 2,5 milliards d\'euros qu\'il avait accordé en 2011.L\'obstacle BundestagReste que ce feu vert du gouvernement allemand n\'est pas un feu vert de l\'Allemagne. Une fois le plan de financement de Chypre adopté, peut-être en mars, il faudra que le Bundestag donne son accord, comme l\'a exigé la cour constitutionnelle. Or, obtenir l\'accord de la majorité des députés ne sera pas chose aisée. Les Libéraux du FDP sont très remontés contre l\'aide à Chypre et le SPD et les Verts ont déjà déclaré qu\'ils voteraient non. De quoi déjà bloquer toute majorité, en pleine campagne électorale. D\'autant que les élus CDU n\'ont jamais fait carton plein sur les votes européens. Bref, Berlin lâche du lest d\'un côté, mais c\'est une concession en trompe l\'œil.  

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