Une taxe bancaire âprement discutée

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Le projet de taxe bancaire devrait constituer le sujet central du Conseil des ministres allemand auquel doit participer ce mercredi Christine Lagarde, la ministre française de l'économie. Il servira aussi de thermomètre, capable de mesurer l'ampleur des divergences entre la France et l'Allemagne. Certes la nécessité de se doter des ressources nécessaires pour faire face à d'éventuelles faillites bancaires en cas de crise fait l'unanimité parmi les grands pays. Tout comme le fait que les banques doivent être mises à contribution pour générer ces ressources. Le Fond monétaire international (FMI) devra d'ailleurs remettre un rapport fin avril qui portera notamment sur ce sujet. un Fonds spécifiqueMais des différences apparaissent dès qu'il s'agit de décider de l'assiette sur laquelle s'appliquera cette taxe, de son montant ou encore de la destination des fonds prélevés. Selon la presse allemande, la taxe bancaire rapporterait à Berlin de 700 millions à 1,2 milliard d'euros. L'Allemagne verrait d'un bon oeil une taxe qui alimenterait un Fonds spécifique dit de « résolution ». Mais en France, comme, semble-t-il, en Grande Bretagne et aux Etats-Unis où plusieurs projets sont en lice, on préfèrerait que le fruit de la taxe alimente en priorité le budget de l'Etat. Et cela pour éviter l' « aléa moral » lié à l'existence d'un fonds sectoriel qui garantirait aux banques d'être secourues quelles que soient les dérives dont elles se rendent coupables sur les marchés financiers. Paris laisse encore assez ouverte la question de l'assiette, soulignant que les sources de profitabilité exceptionnelles coïncident souvent avec des prises de risque remarquables qui justifieraient une taxation. Quelles que soient les options, les pays sont conscients que les dispositifs adoptés devront être comparables afin d'éviter des distorsions de concurrence. Le 7 avril, le match retour se jouera en France. Un conseil des ministres à l'Elysée devrait en effet fixer les grandes lignes d'un cadre juridique de restructuration des banques en cas de crise. Invité d'honneur, le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, livrera sa partition. Laurent Chemineau

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