Trois success stories chinoises

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STRONG>Suntech, ou le solaire triomphant Shi Zhengrong, le PDG de Suntech Power, est le 59e homme le plus riche du monde d'après le magazine « Forbes ». Son entreprise, cotée à New York depuis 2005, est le premier fabricant mondial de panneaux photovoltaïques avec environ 11 % du marché. En 2009, son chiffre d'affaires a atteint 1.693 millions de dollars pour un profit de 91,5 millions, des chiffres qui « devraient continuer à croître rapidement en 2010 », selon Rory Macpherson, porte-parole du groupe.Suntech est symbolique des entreprises chinoises qui se sont positionnées sur le marché des énergies renouvelables. Sur les 15 premières sociétés mondiales d'énergie solaire, 7 sont chinoises et disposent d'atouts de taille : un faible coût de production et, souvent, des subventions et aides de l'État pour la recherche et l'achat de matériaux, ainsi que des prêts bancaires à taux préférentiels.Sur un marché mondial tiré par la lutte contre le réchauffement climatique, Suntech a connu un essor spectaculaire. Ses exportations ont augmenté de 40 % en 2009 et devraient croître encore de 80 % en 2010 pour atteindre 1.250 MW. L'Europe et les États-Unis constituent les principaux marchés de Suntech, qui doit ouvrir sa première unité de production à l'étranger en Arizona à la fin de cette année, « ce qui devrait réduire nos coûts de transports et nous aider à mieux répondre aux besoins d'un des marchés potentiellement les plus importants », explique Rory Macpherson. Mais le véritable enjeu pour Suntech aujourd'hui, c'est le marché chinois, 5 % de ses ventes seulement à ce jour. « Notre plus grand défi, ce sont les coûts », explique Rory Macpherson. L'hydraulique et même l'éolien sont beaucoup plus rentables pour les développeurs en raison de coûts moins élevés et de tarifs de rachat pour l'éolien. Mais les analystes du secteur s'attendent à des mesures semblables pour le solaire cette année. « Nous pensons que le marché chinois va tripler en 2010 », estime donc le porte-parole. BYD se voit en leader de la voiture électrique Il y a encore un an, BYD (Build Your Dreams) était une entreprise inconnue du grand public et des médias qui fabriquait des batteries de téléphones pour Nokia, Samsung ou Motorola. Sa présence au Salon de l'auto de Détroit en tant que constructeur de véhicules électriques en 2008 était passée inaperçue. Mais il a suffi que MidAmerican Energy, le fonds d'investissement de Warren Buffet, prenne 9,9 % du capital pour que BYD devienne le chouchou des journalistes. Le PDG, Wang Changfu, est courtisé par tous et chacun de ses objectifs commenté et analysé. Car il ambitionne rien moins que de devenir le premier constructeur automobile mondial en 2025.Devenue leader dans la fabrication de batteries lithium-ion, BYD a profité d'aides et subventions de l'État pour mettre en circulation l'année dernière son premier véhicule, un hybride appelé F3DM. « La Chine a compris qu'elle ne pouvait dominer le marché de l'automobile traditionnelle et a donc mis l'accent sur les véhicules propres », explique une analyste du secteur. Le pays a déjà mis en place un système d'aide à l'achat pour les collectivités qui doit s'étendre cette année aux particuliers dans certaines villes. Avec 450.000 véhicules vendus en 2009 sur le marché domestique, les ventes sont encore modestes. Et la qualité de la F3DM ne fait pas le poids par rapport aux hybrides des constructeurs traditionnels. Mais BYD table justement sur le marché chinois pour se faire la main avant de s'attaquer aux marchés européen et américain, ce qui est prévu pour 2011.Outre son savoir-faire, BYD possède un atout de poids pour s'imposer : des coûts de production inférieurs à ceux de ses concurrents et son implantation sur l'un des marchés les plus performants du moment. Les constructeurs étrangers ne s'y sont d'ailleurs pas trompés. Daimler vient d'annoncer l'installation d'un centre de recherche en Chine en joint-venture avec BYD pour développer et mettre en circulation un véhicule électrique. Les éoliennes de Goldwind à la conquête de l'Ouest Cette année devrait voir l'arrivée sur le marché européen des premières éoliennes Goldwind fabriquées en Allemagne. Le fabricant chinois, qui a racheté, début 2008, 70 % de l'allemand Vensys, s'apprête en effet depuis cette implantation locale à pénétrer l'Europe avec des produits de 20 % à 30 % moins chers que ceux de ses concurrents. Et les ambitions internationales de Goldwind ne s'arrêtent pas là. L'année dernière, elle a investi 10,5 millions de dollars dans l'installation de trois turbines dans le Minnesota et répondu à des appels d'offres à Cuba et en Éthiopie. Elle a aussi ouvert des bureaux en Australie et aux États-Unis où elle espère à long terme installer des centres de production. L'entreprise ne communique pas ses projets d'investissements à l'étranger mais Thomas Yao, directeur des affaires publiques, avoue que sa capacité de financement « va bien au-delà de 10 millions de dollars [7,4 millions d'euros] ». Ce potentiel d'investissement constitue un atout de poids en ces temps de crise. Goldwind a créé une filiale dédiée déjà très active en Chine où l'entreprise est actionnaire de plusieurs projets. « Cette partie de notre activité va croître considérablement dans le futur », selon Thomas Yao. L'entreprise, déjà cotée à Shenzhen, va aussi se faire coter à Hong Kong afin d'accroître encore cette capacité d'investissement.Mais les vives protestations entendues dans le Minnesota indiquent que son arrivée sur les marchés occidentaux risque de ne pas se faire sans heurts. Par ailleurs, elle ne peut espérer y bénéficier des mêmes avantages qu'en Chine, où elle a reçu, en 2009, 60 à 70 millions de yuans (6,5 à 7,6 millions d'euros) d'aides de l'État, sans parler de prêts bancaires à des taux défiant toute concurrence. Elle est en outre très liée aux pouvoirs central et local. « Les entreprises éoliennes chinoises qui pénétreront le marché européen connaîtront une courbe d'apprentissage mais sur le long terme, elles y changeront la donne », explique Sébastien Meyer, associé chez Azure International, un cabinet de conseil en environnement. V. M.

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