Les indices peinent à refaire surface

Plus les semaines défilent, plus l'on est tenté de croire que les marchés ont voulu tourner la page Lehman Brothers un peu trop rapidement. La semaine dernière encore, le CAC 40 a crevé le plancher des 3.400 points pour redescendre jusqu'à un plus-bas annuel de 3.331,29 points. Et cela, alors que les investisseurs manifestent une nervosité accrue à l'idée de voir tous les pays de la zone euro se lancer dans une course effrénée à l'orthodoxie budgétaire au détriment de la croissance économique. Dès lors, le rebond de 5,5 % enregistré depuis mardi 25 mai à la Bourse de Paris mérite d'être relativisé. D'un côté, les indices boursiers européens restent, à quelques exceptions près comme le DAX allemand, très nettement en territoire négatif depuis le début de l'année. De l'autre, les achats de ces derniers jours semblent moins motivés par des raisons fondamentales que par des facteurs mécaniques. Pour Vicent Ganne, analyste chez IG Markets, cela ne fait aucun doute : « Le mouvement de reprise actuel est purement technique. Il a eu lieu dans de très faibles volumes. » Pour lui, aucun indicateur ne peut laisser penser que le courant baissier amorcé le 1er janvier est voué à s'arrêter. En tout cas, il juge « extrêmement peu probable » que l'on retrouve les plus-hauts du 15 avril sur le CAC 40. D'autres comme Eric Galiègue, président de Valquant, vont même jusqu'à évoquer la possibilité de voir les marchés boursiers s'acheminer dans les six à douze mois vers des plus-bas de dix ans... soit autour des 2.400 points atteints en mars 2003. Mais au-delà de ces scénarios catastrophes, la visibilité reste très limitée. Notamment du côté de l'industrie financière dont ses principaux représentants sont fortement présents dans les grands indices. force exportatriceLes valeurs de la banque et de l'assurance représentent, par exemple, 18,2 % de la pondération du CAC 40. Dans ce contexte, toute forme de mauvaise nouvelle émanant du secteur est susceptible de peser sur la tendance. Or, la menace de voir les bénéfices des établissements financiers affectés par la montée du risque souverain est bien réelle. Plus généralement, la dimension macroéconomique et ses conséquences sur les produits des sociétés cotés préoccupent les opérateurs. Selon les experts de Prime View, « le message est désormais relativement clair : les investisseurs ne croient pas en la pérennité des taux de marge et des croissances bénéficiaires qu'affichent actuellement les entreprises occidentales ». De son côté, François Chevallier, stratégiste chez Banque Leonardo, pense que « les actions ont surréagi face au risque d'une configuration économique en W » dans la zone euro. Notamment parce que « rassurés sur la maîtrise des dépenses publiques », les ménages pourraient se remettre à consommer. A quelques destructions d'emplois près. Il ne reste plus qu'à compter sur la force exportatrice de nos fleurons les plus exposés à des ventes en dollars. n

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