Sur 650 km2, la ville-État marie avec succès business et env...

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Singapour, les faubourgs du temple du businessPetit État, le plus riche de l'Asean (l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est), Singapour n'a pas échappé à la récession. Mais sur Orchard Road, les Champs-Élysées locaux, les centres commerciaux, plus luxueux les uns que les autres, ne désemplissent pourtant pas. Ici, le shopping est roi. Toutefois, réduire Singapour à ce passe-temps serait une erreur. Méconnue, critiquée parfois pour son côté policé et propret, la ville-État dévoile, à qui veut bien s'en donner la peine, ses nombreuses richesses.Résolument moderne, la « cité du lion » a su conserver des quartiers aux allures de village et de nombreux espaces verts, fort appréciables dans cette moiteur tropicale. Après l'animation de Clarke Quay, il faut longer paisiblement les quais la nuit pour saluer sir Thomas Stamford Raffles, le fondateur de la ville, admirer l'Asian Civilisations Museum illuminé, passer l'Anderson Bridge et le superbe Fullerton Hotel, pour atteindre, à l'embouchure de la Singapore River, l'Esplanade-Theatres on the Bay. Comme tout édifice avant-gardiste, ce complexe culturel a suscité de vives polémiques. Comparé à des yeux de mouche ou à deux durians (fruits possédant une carapace de grosses épines), il est devenu l'une des icônes de Singapour. C'est du Merlion Park, en face, qu'on en fait les meilleurs clichés, notamment au coucher du soleil, quand ses plaques d'aluminium évoquant le tressage des roseaux entament leur ballet de reflets. Gagner sur la merCritiqué lui aussi, mais pour son kitsch, le Merlion, créature mi-lion mi-poisson, est depuis 1960 la mascotte de la ville. Crachant un puissant jet d'eau dans la baie, il marque l'entrée dans le CBD (Commercial Business District), le quartier des affaires, qui devrait doubler de taille d'ici à 2012. Depuis la Singapore Flyer, la grande roue la plus haute du monde, un coup d'?il à 165 mètres du sol permet d'imaginer ce que sera cette place financière de premier plan avec 270.000 m2 supplémentaires de bureaux, résidences et commerces gagnés sur la mer.Non loin de là, le Raffles, symbole de l'opulence coloniale, semble, lui, immuable. Si, depuis sa construction, en 1887, cet hôtel de luxe, l'un des meilleurs d'Asie, s'est doté de nombreux bars, restaurants et boutiques, la même sérénité règne sous ses arcades et à l'ombre fraîche de ses patios. Ici ont séjourné Douglas Fairbanks, Mary Pickford, Charlie Chaplin, Rudyard Kipling, Joseph Conrad. Au Bar & Billiard Room, où aurait été tué, en 1902, le dernier tigre singapourien, Somerset Maugham aimait s'installer avec sa machine à écrire. À côté, comme autrefois, le Long Bar s'anime à mesure que la nuit tombe. Locaux et touristes s'y retrouvent autour d'une Tiger ou d'un Singapore Sling, ce mythique cocktail maison, créé en 1915 et à l'origine pour les femmes, par un barman chinois de Hainan. La coutume veut que l'on jette par terre les coquilles des cacahuètes servies copieusement, ne laissant au visiteur d'autre choix que de quitter les lieux dans un craquement non dénué de charme.Nouveau plongeon dans le passé, mais à Chinatown cette fois, le c?ur historique. Pauvre et illettré quand il y débarqua en 1934, le jeune Chew devint le plus grand fabricant de biscuits de Singapour. Mais tous les émigrants ne connurent pas une telle réussite. Jeu, prostitution, alcool, opium, le Chinatown Heritage Centre nous fait revivre leur souffrance. « Rangée » depuis, Chinatown demeure un quartier très animé avec ses marchés, ruelles et temples aux couleurs vives. À l'autre extrémité de la ville, l'effervescence de Little India rompt avec l'atmosphère paisible du quartier arabe voisin de Kampong Glam. À Singapour, on peut, en un après-midi, suivre une procession du festival hindou de Thaipusam, assister aux fastes d'un mariage malais dans Fort Canning Park et prendre part aux festivités du Nouvel An chinois. Melting-pot culinaireCette diversité culturelle se retrouve dans la gastronomie. Dans les fameux Hawker Centres, ces grandes halles de restauration telles que Lau Pa Sat, où cols bleus et cols blancs savourent à la même table toutes sortes de spécialités orientales. Comme dans les grands restaurants. Au Jaan par André, au 70e étage du Stamford Swisshotel, la cuisine d'André Chiang se déguste avec vue panoramique sur la baie. Produit de l'école française, formé chez les frères Pourcel notamment, ce jeune Taiwanais est le seul asiatique non japonais classé parmi les 150 meilleurs chefs au monde. « Singapour, c'est la diversité, de savoureux mélanges qui m'inspirent. C'est ici que j'ouvrirai mon premier restaurant », ambitionne ce chef, qui a séduit les inspecteurs du guide Michelin lors de leur passage. Pour son entrée dans le guide Miele, qui référence 450 restaurants dans 16 pays d'Asie, le Jaan par André s'offre pas moins que la 4e place.Valérie MARCELLIN

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